ANIMAL, un film qui appelle à respecter toutes les formes de vie sur Terre

Publié le 3 décembre 2021 (modifié le 5 décembre 2021 à 09h49)
Par Mélanie Appadoo
Temps de lecture : 3 mins
Des forêts françaises, en passant par les plages indiennes et les réserves naturelles du Kenya avant d’atterrir au cœur de la forêt tropicale au Costa Rica... Le dernier film réalisé par Cyril Dion co-écrit avec Walter Bouvais, à l’affiche depuis le 1er décembre, est une réelle invitation au voyage, précisément au cœur du vivant. À travers le regard de Vipulan et Bella, deux jeunes de 16 ans, le spectateur prend conscience de la sixième extinction de masse et de l’importance de protéger l’ensemble des espèces. Nous avons assisté à l’avant-première. Voici nos impressions.

Une génération soucieuse de son avenir

Après l'immense succès de son premier documentaire Demain réalisé avec Mélanie Laurent en 2015, Cyril Dion nous surprend une fois de plus avec son film ANIMAL disponible en salles depuis le 1er décembre. Quelques mois après la sortie des documentaires I am Greta de Nathan Grossman et Bigger than us de Flore Vasseur qui mettent en lumière les jeunes engagés pour le climat, nous suivons désormais Vipulan et Bella, tous deux issus de deux pays différents mais pourtant soucieux de leur avenir et rassemblés autour de la même cause : la lutte contre le réchauffement climatique. C’est à travers le regard des deux jeunes que Cyril Dion nous invite à découvrir son nouveau film.


Dans une conférence donnée le 25 septembre 2021 lors du Festival du Monde, le réalisateur engagé raconte ce qui l’a poussé à faire ce nouveau film : « J’avais envie de raconter cette génération climat. Je me demandais ce que c’était de se mettre dans la tête d’un jeune qui se dit qu’il n’a pas d’avenir ». Pendant tout le film, nous suivons donc les parcours de Vipulan Puvaneswaran et de Bella Lack, lui originaire de France et elle d’Angleterre. Entre doutes et certitudes, interrogations et réponses, les deux jeunes militants écologistes nous partagent leurs réflexions et leur vision du monde. « Au regard de toutes les découvertes sur l’intelligence et la sensibilité des animaux, les êtres humains ont-ils le droit de coloniser tout l’espace et d’éradiquer volontairement ou involontairement toute autre forme de vie sur Terre ? » se demande Cyril Dion.

 

Mieux comprendre les espèces pour cohabiter avec elles

Pendant plusieurs mois, Vipulan et Bella se sont intéressés aux diverses formes de vie qui existent sur Terre et surtout à la façon dont nous, les Hommes, pouvons cohabiter et coopérer avec elles plutôt que de les nuire. Aujourd’hui, les chiffres sont sans appel : 60 % des populations d’animaux sauvages vertébrés ont disparu ces 40 dernières années et 80 % des insectes volants ne font désormais plus partie du paysage en Europe. Des chiffres qui font froid dans le dos et qui prouvent qu’une sixième extinction de masse est bel et bien réelle. En effet, cette dernière est principalement causée par les activités humaines : surexploitation, pollution, dérèglement climatique, propagation de maladies et destruction de leur habitat. 


Est-il donc possible de cohabiter avec toutes les espèces vivantes ? Et si oui, comment y parvenir ? Le film ANIMAL vient apporter quelques réponses en donnant à voir une autre facette des espèces vivantes souvent représentées comme étant menaçantes et dangereuses. « Nous avons découvert que nous pouvions non seulement cohabiter avec le reste du monde vivant, mais le régénérer et l’orienter dans des directions qu’il n’aurait pas pris lui-même » affirme son réalisateur. Le philosophe et maître de conférences en philosophie à l’université d’Aix-Marseille, Baptiste Morizot, que nous pouvons voir dans le film, affirme justement dans un entretien au Monde, l’importance de cette cohabitation : « Il n’y a pas à "sauver" le climat, il ne craint rien : ce sont les vivants qui doivent être protégés des dérèglements du climat, humains compris, puisque nous sommes interdépendants. »

Des acteurs engagés aux combats inspirants

Tout au long du film, le spectateur est plongé dans l’intimité des espèces vivantes : vous verrez par exemple comment s’organisent les fourmis et les termites et leur importance dans notre écosystème. Vous apprendrez également que poser des ruches ne suffit pas à sauver les abeilles. Autant de découvertes qui vous laisseront bouche bée mais on ne vous en dit évidemment pas plus ! Pour cela, nos deux jeunes narrateurs croiseront la route de personnalités inspirantes dont Jane Goodall, anthropologue, Claire Nouvian, fondatrice de l’association Bloom qui milite pour une pêche durable et oeuvre pour la protection des océans, Nicolas Veereckeen, spécialiste des abeilles sauvages et Afroz Shah, avocat et activiste à l’origine d’un des plus grands nettoyages de plage au monde, à Versova, en Inde. Vipulan et Bella, au premier abord inquiets, sortent de ce voyage initiatique mieux armés pour construire un monde plus juste et plus durable.


Nous finirons avec ces mots de Claude Lévi-Strauss, anthropologue et ethnologue : « Lexistence d’une espèce est aussi importante que l’œuvre d’un grand peintre, que pourtant nous employons tous nos efforts à protéger dans des musées, alors que quand il s’agit d’une espèce vivante, nous la traitons avec une désinvolture et un mépris incroyables. »