Un scientifique découvre une substance capable de créer une crème solaire 100 % naturelle

Publié le 5 janvier 2022
Par Julie MARIE
Temps de lecture : 3 mins
Le scientifique polonais Michał Styczyński, doctorant en biologie à l’Université de Varsovie, a découvert en décembre 2021 une nouvelle substance grâce à laquelle il serait possible de créer des crèmes solaires naturelles sans oxybenzone, l’ingrédient qui cause la mort des coraux.

La découverte d'un filtre UV qui pourrait bousculer l'univers des cosmétiques

En décembre 2021, un scientifique qui étudie les propriétés d’un certain type de bactéries trouvées dans l'Antarctique, découvre qu'elles produisent une substance agissant comme filtre UV naturel. La substance mise au jour pourrait remplacer l'oxybenzone, le composant chimique présent dans les les crèmes solaires qui contribue à la mort des coraux. La découverte du jeune étudiant polonais révolutionnerait ainsi l'univers des cosmétiques au plan environnemental en favorisant la création de crèmes solaires plus écoresponsables. En effet,  la majorité des crèmes solaires vendues aujourd'hui dans le commerce sont encore nocives pour l'homme et pour l'environnement.

Publication Facebook de l'Université de Michał Styczyński (sur la photo) le félicitant de sa découverte

L'oxybenzone reste majoritairement utilisé dans la fabrication des crèmes à protection UV. Pourtant, le composé chimique inquiète les professionnels de santé : plusieurs études ont démontré qu’il s’agit d’un perturbateur endocrinien. La revue anglaise Chemistry World précise même qu'il est « très nocif pour la fertilité humaine ». Il peut également causer des allergies et se retrouver dans le sang, le liquide amniotique, le lait maternel ou encore les urines en grande quantité et pendant une longue période après l'utilisation d'une crème solaire chimique.

Les crèmes solaires chimiques, fléaux des océans

En plus des effets néfastes qu'il a sur la santé humaine, l’oxybenzone provoque notamment le blanchissement et la mort des coraux. D’après la revue National Geographic, 14 000 tonnes de crème solaire finissent chaque année dans la mer, détruisant chaque fois un peu plus les écosystèmes marins. La découverte d’un filtre UV naturel serait plus qu'utile pour parer à ce fléau car bien qu’ils ne représentent que 0,2 % de la superficie des mers, les coraux abritent 30 % de la biodiversité marine qu'elle nourrit. Ce n’est pas leur seul bénéfice pour l’homme ; les coraux protègent également les côtes contre l’érosion, alimentent de nombreuses populations et génèrent du tourisme.

Dans certaines destinations comme Hawaï où l’achat de crème solaire chimique est interdit depuis début 2021, une alternative naturelle aux crèmes solaires chimiques serait la bienvenue. En plus de tuer à petit feu les coraux des îles hawaïennes, de l’oxybenzone a été retrouvé à dans des poissons, des algues et des coquillages, ce qui pourrait être très dangereux pour la survie de l'écosystème. Comme le rappelle le San Francisco Chronicle, ce sont chaque année, plus de 9 millions de touristes qui visitent Hawaï, déversant près de 6 000 tonnes de crème solaire dans l’océan. La Thaïlande a suivi l’initiative de l’archipel volcanique en 2021, interdisant à son tour les protections solaires chimiques dans leurs parcs nationaux pour sauvegarder les coraux.

Une bactérie mais différentes applications

Suite à sa découverte, Michał Styczyński a prouvé que les bactéries de l'Antarctique qui produisent le filtre UV naturel sont aussi capables de créer une molécule présentant de fortes propriétés antioxydantes, extrêmement précieuse dans la production de crèmes anti-âge. La molécule qu’elle produit contribuerait aussi à la croissance des plantes, notamment dans le domaine agricole. Une découverte de la taille d’une molécule mais qui favorise de grandes avancées scientifiques !

De plus, la physiologie des bactéries leur permet de se développer aisément dans des conditions de laboratoire. C’est là un réel espoir pour la création de crèmes solaires au prix abordable et non nocives pour l’homme et l’environnement. Il faudra cependant attendre un peu avant que les substances découvertes par le scientifique ne se retrouvent dans les crèmes d’usage courant, comme l’annonce Styczyński à une radio polonaise : « Nous avons déjà beaucoup de connaissances sur ce composé : sa structure, son action, l'augmentation du pouvoir de la crème solaire. Cependant, il reste encore un long chemin à parcourir pour les crèmes, car cela nécessite des tests supplémentaires, des ressources et des fonds supplémentaires. » 

Pour l'instant, il existe peu de crèmes solaires 100 % écologiques mais certaines sont moins polluantes que d'autres. Alors en attendant l’éventuelle commercialisation du filtre UV naturel découvert par Michal Styczyński, vous pouvez déjà prioriser l’utilisation de crèmes solaires respectueuses de l’environnement. Pour prendre soin de votre peau ainsi que de l’environnement, privilégiez les protections solaires bios (malheureusement plus coûteuses mais plus naturelles), et favorisez l’utilisation d’écrans solaires moins nocifs pour la santé et la planète contenant par exemple de la vitamine E, des huiles essentielles et des ingrédients d’origine naturelle.