La Chine établit 230 000 km² de zones protégées pour préserver sa biodiversité

Publié le 12 novembre 2021 (modifié le 26 novembre 2021 à 10h12)
Par Julie Marie
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Nouvel effort dans la lutte contre la disparition de la biodiversité en Chine : le pays vient d’annoncer la mise en place de son tout premier groupe de parcs nationaux. 230 000 km² de zones protégées auront pour vocation de préserver l’intégrité des écosystèmes et de la biodiversité du pays.

Un système de protection auparavant inefficace

La Chine, terre vaste aux reliefs diversifiés, est le troisième pays à abriter le plus grand nombre d’espèces animales et végétales au monde. On y retrouve en effet pas moins de 34 000 espèces de plantes et d'animaux, en raison de sa diversité topographique et de ses différents climats. Par conséquent, les décisions de la Chine en matière de conservation de la biodiversité et de la protection des zones sauvages sont très importantes pour l’avenir de l'écosystème mondial. 

Malheureusement, ce riche et unique écosystème est aussi l’un des plus menacés au monde. Selon le sixième rapport national de la Chine sur la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, paru en octobre dernier, le risque d’extinction des différentes espèces en Chine est supérieur à la moyenne globale. Par exemple, 43 % des amphibiens chinois sont menacés d'extinction, contre une moyenne globale de 30,6 %. L'explication à cela se trouve peut-être dans le système de protection de la biodiversité en place jusqu'alors.

Soucieuse d’assurer la protection de son territoire, la Chine a mis en place dès les années 40 un système institutionnel pour la création de parcs naturels, inaugurant sa première réserve naturelle en 1956. Depuis, on en recense plus de 10 000 à travers le pays. Mais, problème à cette organisation, de nombreuses réserves s’étendent sur plusieurs provinces et la gestion de ces territoires laissés aux différentes autorités locales empêche la mise en place d’un processus efficace pour protéger les zones protégées. Les réserves étant gérées par plusieurs juridictions administratives, l'établissement d’une gestion centralisée semblait nécessaire pour assurer la bonne protection de la biodiversité. En 2013, le gouvernement chinois décide donc d'adopter ce système et teste deux ans plus tard ce nouveau mode de gestion unifié du patrimoine naturel. 10 parcs nationaux pilotes ont alors été introduits afin d'en évaluer l'efficacité.

Près de 30% des espèces désormais protégées

Pour prouver l'efficacité de cette nouvelle méthode, nous pouvons citer l'exemple du parc national pilote du panda géant qui s'étend sur trois provinces chinoises. Ce dernier a été organisé sous un modèle de gestion administrative unique et a permis de garantir l’intégrité de l’habitat des pandas géants, assurant une meilleure protection de l’espèce menacée.

Après avoir testé durant cinq ans ce système de centralisation de la gestion du patrimoine, la Chine a décidé en octobre dernier, lors de la 15e Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique, d’annoncer officiellement l’établissement de ses cinq premiers parcs nationaux. En effet, le succès des résultats obtenus avec les 10 parcs pilotes est particulièrement encourageant pour la Chine qui souhaite s’imposer comme un modèle de conservation de la biodiversité dans le monde, en encourageant le développement d’une plus grande harmonie entre l’humain et la nature. Les parcs nationaux sont désormais co-administrés par l’Administration nationale des forêts et prairie, et couvrent 230 000 km2, ce qui garantit à l'avenir, la conservation de près de 30% des principales espèces animales du pays.