Violences faites aux femmes : une aide numérique plus importante

Par l'équipe Oneheart, le 18 octobre 2019
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À l’Assemblée Nationale, un député a compté une à une les femmes mortes sous les coups de leurs conjoints ou de leurs maris, en 2019. Résultat : 117 femmes victimes de féminicides, en France, depuis le début de l’année. Il est souvent dur pour les femmes de trouver une aide immédiate et adéquate, ou d’avoir simplement le courage d’en demander, lorsqu’elles sont victimes de violences conjugales et d’agressions sexuelles.

L’intégration du numérique dans la lutte contre les violences et les agressions faites aux femmes offre, paradoxalement, un support tangible, effectif et moins risqué. L’objectif est de pouvoir agir avec plus d’efficience et de mieux protéger les victimes, de les protéger plus vite, mais aussi de les aider à surmonter leurs agressions. 

 

“App-elles” : rapidité, efficacité, discrétion

L’application “App-elles” revêt une réelle utilité, lorsqu'une agression est en cours. Son principe est simple : il suffit d'appuyer sur un bouton pour appeler le 112 ou envoyer un message à trois personnes de confiance. “On dit aux victimes d’appeler la police en cas de problème, mais on sait que ce n’est pas ce qu’elles font. Quand on vit une expérience comme celle-ci, on prend son téléphone et on appelle un proche", déclare Diariata N’Diaye, créatrice d’App-elles, au site Cheek Magazine.

De plus, l’application fournit les coordonnées GPS et enclenche le micro du téléphone afin d’enregistrer l’agression en temps réel. Le fichier est ensuite stocké dans les serveurs d’App-elles, et permet à la victime de détenir des preuves lors du dépôt de plainte.

A l’application, s’ajoute un bracelet connecté en Bluetooth, qui permet de donner l’alerte en toute discrétion, dans les situations où le téléphone n'est pas à porté ou s'il est trop dangereux de s'en servir.

App-elles propose également un soutien aux victimes de violences conjugales et d’agressions sexuelles en mettant à leur disposition des informations pour les aider à s’en sortir, comme les plateformes d’aide et d’écoute, les associations locales et nationales ou encore le service de signalement des violences sexistes et sexuelles administré par la Gendarmerie et la Police Nationale.

app-elles-appliCrédit : App-elles

“Droit Direct” : une aide juridique et administrative 

“Droit Direct” est une plateforme d’accès au droit, dédiée à l’aide aux violences conjugales. Elle a été mise en place par l’association Droits d’urgence, qui vient en aide aux personnes en situation d’exclusion. Elle prodigue une assistance juridique et oriente les personnes dans leurs démarches administratives, grâce à un réseau de professionnels : avocats, juristes, notaires, etc. Mais aussi de structures comme les centres d’accueil, d’insertion et d’hébergement.

La principale ligne d’action de Droit Direct est les violences conjugales. Se basant sur l’expérience d’un point d’accès de Droit d’urgences basé à Paris, qui accueille environ 1200 femmes victimes de violences conjugales, chaque année, Droit Direct réunit tous les acteurs afin que la plateforme puisse fonctionner aussi efficacement que possible. C’est ce qu’explique Gwenaëlle Thomas-Maire, Directrice de Droits d’urgence : “Ce qui fait la particularité de l’accueil [de Droits d’urgence] c’est son fonctionnement en réseau. C’est-à-dire que l’équipe d’accès au droit travaille avec les professionnels en charge des victimes de violences conjugales, que ce soit les centres d’hébergement, les centres d’accueil, la PMI, les assistantes scolaires, le commissariat de police, etc. [...]".

Elle fait comprendre la nécessité et l'efficacité d'avoir des fichiers centralisés et accessibles à tous les corps de métiers qui gèrent les violences conjugales : "Ce travail en réseau est hyper vertueux et efficace dans le traitement du dossier de la victime. [La personne en charge] va évaluer la situation de la personne et savoir vers quel interlocuteur l’orienter le plus directement et elle va assurer une traçabilité dans le suivi de la victime”.

Elle explique également que les victimes qui se rendent à Droits d’urgence ne parlent pas directement des violences qu’elles subissent. Elles cherchent d’abord un moyen de s'émanciper administrativement de leurs conjoints ou époux : “Comment est-ce que je peux faire pour divorcer ? C’est mon mari qui touche les aides de la CAF, comment je peux faire pour les récupérer ?, etc.”. C’est au fil de la conversation que les personnes en charge de la victime vont pouvoir déceler les violences derrières les mots et décider de la meilleure recommandation et orientation.

Ce qu’on a voulu faire à travers la plateforme c’est reprendre cette méthodologie. On ne peut trouver des solutions efficaces que si on fait travailler tout le monde ensemble. On fait travailler tous les professionnels du secteur social, du secteur médical et du secteur juridique ensemble.

Elle ajoute : "Ce qu’on a fait, dans un premier temps, pour cette plateforme, c’est de répertorier l’ensemble des acteurs en charge des violences conjugales et faire des groupes de travail pour essayer de déceler quels sont les obstacles qu’ils rencontrent dans le suivi, s’ils travaillent ensemble, s’ils ne travaillent pas ensemble ? De quelle manière? Avec quels outils ?”.

droit-direct-plateforme-accueil
Crédit : Droit Direct

Droit Direct a bien cerné les implications des violences conjugales. A titre d’exemple, la vidéo de présentation, sur la page d'accueil de la plateforme, préconise d’emblée de n’utiliser le site qu’en mode privé (c’est-à-dire que le navigateur internet ne retient aucune donnée saisie) ou d’effacer l’historique de navigation. De plus, un bouton “cacher le site” redirige instantanément vers une autre page, sans possibilité de retourner sur le site, et donc ne laisse aucune trace.

La plateforme permet aux femmes de prendre connaissance des textes de lois, simplifiés, relatifs aux violences conjugales, mais aide aussi à diagnostiquer les violences conjugales, qu'elles soient flagrantes ou plus insidieuses, grâce à des fiches qui catégorisent les différents types de violences qui existent et les situations dans lesquelles elles peuvent survenir, ou encore en utilisant un “violentomètre” qui utilise un code couleur (du vert au rouge) pour montrer les différences entre une relation conjugale saine et une relation conjugale qui se détériore.

Droit Direct, qui est pour l’instant en phase d’expérimentation, n’est disponible qu’à Montreuil-sur-Mer dans le Pas-de-Calais. Selon Gwenaëlle Thomas-Maire, la prochaine étape est de l’appliquer à la ville de Paris.

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