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Une première en Iran : 3500 femmes autorisées à assister à un match de foot

Publié le 21 octobre 2019 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h55)
Par One Heart
Temps de lecture : 2 mins

En 1979, l’Iran devient une république islamique qui repose sur la Charia. Les femmes tombent alors sous le coup de grandes inégalités. Elles perdent la majorité de leurs droits, sont considérées comme légalement inférieures aux hommes et ne peuvent rien faire sans l’autorisation de leurs pères, leurs frères ou leurs maris. 

40 ans sans femmes dans les stades

Parmi les restrictions qui touchent les Iraniennes, l’interdiction d’assister aux matchs de foot masculins. Depuis 40 ans, les femmes en Iran ne peuvent partager l’espace public qu’est le stade. La raison invoquée par les autorités ? Les protéger des injures et des comportements grossiers des hommes

Cette autorisation pour le match éliminatoire de la coupe du monde de 2022, et qui opposait l’Iran au Cambodge, a été très encadrée par l’état iranien : les places accordées aux femmes n'étaient que de 3500 sur les 80 000 places que compte le stade Azadi, à Téhéran.
Selon un journaliste de l’AFP, les femmes étaient finalement entre 4000 et 4500 à l’issue du match.

Placées dans une tribune, loin des hommes et surveillées par une centaine de policières, les supportrices n’ont eu de cesse de manifester leur enthousiasme et s’en sont donné à coeur joie. Les onze joueurs de l’équipe nationale les ont à leur tour applaudies à la fin du match. 


Une autorisation opérée sous la pression de la FIFA

Les autorités iraniennes ont pris cette décision suite aux pressions, de plus en plus importantes, de la FIFA, après que Sahar Khodayari, une supportrice, se soit immolée en septembre dernier.

Sahar Khodayari a été arrêtée, il y a un an, pour avoir tenté d’entrer dans un stade, habillée en homme. Elle voulait assister au match de son équipe de foot préférée.
Selon Amnesty International, le tribunal de Téhéran l’a convoquée alors qu’elle était inculpée d'"outrage aux autorités" et pour avoir commis ouvertement un péché [...] en se présentant en public sans hijab", mais le jugement à été reporté. La jeune femme de 30 ans n’ayant pas supporté sa possible incarcération, s’est finalement immolée à la sortie du tribunal.

Philip Luther, Directeur de la recherche et du plaidoyer pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International, dénonce vigoureusement la politique iranienne à l’encontre des femmes : “Cette histoire dramatique révèle au grand jour les conséquences du mépris effroyable dont font preuve les autorités iraniennes à l'égard des droits des femmes dans le pays. Le seul “crime” de Sahar Khodayari était d'être une femme dans un pays où les femmes sont confrontées à une discrimination profondément ancrée dans la législation, qui se manifeste des pires façons imaginables dans tous les aspects de leur vie, y compris le sport”.