Pollution chimique : une limite planétaire à ne pas dépasser désormais franchie

Publié le 25 janvier 2022
Par Julie Marie
Temps de lecture : 3 mins
Selon une étude publiée le 18 janvier 2022 dans la revue Environmental Science & Technology réalisée par des scientifiques du Stockholm Resilience Center (SRC), l’Homme aurait franchi une nouvelle limite planétaire, celle liée à la pollution chimique. En 2009, des chercheurs ont identifié neuf limites planétaires, des seuils à ne pas dépasser pour le maintien des bonnes conditions de vie sur Terre. Certains de ces seuils ont déjà été dépassés. À cause du plastique et des substances chimiques, c’est aujourd’hui le 5e qui a été franchi.

Qu’est-ce qu’une limite planétaire ?

Il existe neuf limites planétaires. En 2009, Johan Rockström mène un groupe de 28 scientifiques internationaux dans le but d’identifier les différentes limites qui régulent la stabilité et la résistance du système de la Terre. Ces limites représentent le cadre dans lequel les humains peuvent continuer à se développer sans porter atteinte à l'équilibre de la planète.

Les 9 limites planétaires identifiées sont les suivantes : 

  • le changement climatique
  • l’érosion de la biodiversité
  • les perturbations globales du cycle de l’azote et du phosphore
  • l’usage des sols
  • l’acidification des océans
  • la déplétion de la couche d’ozone
  • les aérosols atmosphériques
  • l’usage de l’eau douce
  • la pollution chimique (l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère)

Toutes les limites identifiées disposent d’indicateurs sous lesquels les conditions de vie sur la Terre restent favorables et n’engendreraient pas de risques, autant pour les océans, les mers, les sols, que pour les humains. Jusqu’à aujourd’hui, cinq des neuf limites planétaires ont été franchies. Il s’agit de celles du changement climatique, des perturbations globales du cycle de l’azote et du phosphore, de l’usage des sols, de l’érosion de la biodiversité. D'après l'étude publiée dans la revue Environmental Science & Technology, c'est désormais celle de “la pollution chimique (l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère)” qui a été franchie. Les limites établies fournissent un cadre quantitatif et qualitatif qui permet de démontrer les impacts de nos sociétés sur l’environnement. Le dépassement de ces frontières remet en cause la pérennité de notre climat et invite à modifier nos modes actuels de production et de consommation, notamment du plastique.

Une hausse de 79 % de la production de plastique en 15 ans

Si rien n’est fait, les scientifiques du SRC craignent que la planète Terre ne soit plus viable à long terme : « Le rythme auquel les sociétés produisent et libèrent de nouveaux produits chimiques et d'autres entités nouvelles dans l'environnement ne permet pas de rester dans un espace de fonctionnement sûr pour l'humanité ». L’étude indique également que la production de produits chimiques a été multipliée par cinquante depuis 1950, et qu’elle devrait probablement tripler d’ici 2050 : « La masse totale des plastiques sur la planète est maintenant plus du double de la masse de tous les mammifères vivants, et environ 80 % de tous les plastiques jamais produits restent dans l'environnement », observe le Stockholm Resilience Center. En effet, la production de plastique à elle seule a augmenté de 79 % entre 2000 et 2015. Une hausse considérable.

Chaque année, entre 5 et 13 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans. La Terre étouffe, déborde de produits chimiques et ce constat semble irréversible d’après les chercheurs du SRC : « Même si nous devions stabiliser ou réduire la production et les rejets, ses effets constitueront toujours une menace en raison de la persistance de nombreuses entités nouvelles ». L'économie circulaire apparaît de ce fait comme une solution luttant contre le gaspillage et privilégiant le recyclage et le réemploi. Le Smicval Market, un supermarché du troc où tout est gratuit, en est le parfait exemple.

Aujourd'hui, plus de la moitié des limites de la Terre sont menacées. Néanmoins, elles commencent à être reconnues et prises en compte par de nombreux organismes et États tels que l’ONU, l’Union européenne ou encore la France, ce qui permet d'espérer à l'avenir une meilleure gestion de ces ressources pour le maintien des bonnes conditions de vie de notre planète.