La révolution soudanaise via le prisme du street art

Publié le 10 juillet 2019 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h55)
Par One Heart
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A Londres, la révolution soudanaise s’expose grâce aux œuvres du street art en grande partie effacées après la dispersion du sit-in de Khartoum dans le sang le 3 juin dernier.

Comment expliquer une révolution autrement que par les enjeux politiques qu’elle soulève ? L’art est une réponse, un langage universel auquel la majorité peut s'identifier. Les œuvres exposées expliquent, retracent les manifestations antigouvernementales qui ont mené à la destitution de dictateur Omar Al-Bachir par l’armée. Une page d’histoire soudanaise dont il ne reste que cette forme d’art révolutionnaire.

 

Des artistes portés disparus

L’exposition présente de nombreuses photos d’œuvres réalisées sur les murs comme sur le sol. Entre les productions très esthétiques et les slogans, la richesse des styles a fait de ce sit-in un endroit de revendication mais aussi d’expression artistique.

Parmi les artistes représentés, beaucoup ont été portés disparus après la dispersion du sit-in. "On connaît le nom de certains artistes, et parmi ceux-là, certains ont disparu. Après la fin du sit-in, ils n’ont jamais été retrouvés. On ne sait pas s’ils sont vivants ou morts", souligne à l’AFP, Marwa Gibril membre de la branche britannique du Syndicat de médecins soudanais, SDU UK et organisatrice de l’exposition. Les femmes ont également joué un rôle important dans cette révolution, en témoigne la représentation en noire d’une femme qui dit ces quelques mots en arabe : "La voix d’une femme est une révolution".

La répression de l’armée au début du mois de juin a fait plus de 136 morts dans tout le pays. Depuis, un accord a été conclu le 5 juillet entre le pouvoir et la contestation en faveur d’une instance de transition. Cette exposition n’est pas seulement présente pour assouvir une forme de curiosité, elle nous amène, de par son caractère éphémère, à afficher notre soutien pour que cette période de lutte ne tombe pas dans l’oubli.