Des jeunes atteints de surdité communiquent avec des chiens grâce à la langue des signes

Publié le 16 juin 2022 (modifié le 23 juin 2022 à 12h59)
Par Anne-Sophie de Monès
Temps de lecture : 2 mins
À Paris, au Centre Augustin Grosselin qui accueille des jeunes atteints de surdité souvent associée à plusieurs handicaps, un médiateur canin intervient régulièrement pour des ateliers avec des chiens. Florent Savigneau, éducateur spécialisé et éducateur sportif au sein de l’internat du centre, nous aide à comprendre comment ces ateliers se déroulent et quel est leur rôle.

Des ateliers de médiation canine en langue des signes  

Le Centre Augustin Grosselin de la Fondation Léopold Bellan accueille 60 jeunes atteints de surdité moyenne, sévère ou profonde. Certains d'entre eux souffrent d'un ou plusieurs handicaps associés : déficience intellectuelle, altération des capacités d'apprentissage, troubles neurologiques et psychologiques. L'objectif du centre est d’aider ces jeunes à acquérir le plus d'autonomie possible. Florent Savigneau, éducateur auprès des jeunes, travaille depuis 6 ans avec Alain Lambert, éducateur canin pour animer des ateliers de mediation canine en langue des signes. Les chiens ont été formés pour reconnaître une trentaine de signes. Parmi eux : sauter, aboyer, jouer, s’asseoir, signaler la fin d’un exercice, sont les mieux maitrisés. «  Il y a aussi faire le mort :  quand on fait signe de lui tirer dessus, il fait le mort » ajoute Florent. 

Les jeunes parviennent au bout du cycle d’ateliers à donner environ 6 ordres aux 3 chiens qui viennent à tour de rôle. Ils interagissent ainsi avec des chiens aux tempéraments différents. « Le but est qu’ils fassent le lien entre leur relation avec l’animal et leur relation entre eux. Nous faisons appel à Alain quand nous sentons que le groupe en a besoin, c’est un des outils pour atteindre nos objectifs avec les jeunes. » 

La médiation canine pour apaiser les tensions

Les ateliers de médiation canine interviennent en complément d’autres activités que le Centre Augustin Grosselin organise : sorties culturelles et ateliers artistiques tels que le cirque. Ils ont un caractère exceptionnel nous indique Florent : « On les programme quand on a besoin de travailler quelques chose de spécial », souvent dans le but principal d’apaiser les tensions. « Les jeunes savent que le chien n’a pas de mauvaises intentions. S’il n’est pas possible d’obtenir ce qu’ils veulent de la part du chien, s’il n’obéit pas, ils doivent se remettre en question. » Ces relations leur permettent ainsi de comprendre qu’ils ont eux aussi une certaine part de responsabilité dans les interactions. « Comme ils devraient le faire quand ils s’énervent contre un camarade car dans les conflits, c’est toujours de la faute de l’autre. »

Les expressions faciales et l’attitude corporelle jouent beaucoup dans la relation avec l’animal. Pour des jeunes qui s’expriment majoritairement ainsi, cette communication est un très bon exercice. Cela les aide à comprendre que l’attitude qu’on adopte est une manière de communiquer. Alain travaille aussi dans le milieu carcéral et avec des personnes présentant un trouble du spectre autistique. L’efficacité de la médiation animale est effectivement prouvée dans beaucoup de domaines. LOL et tous les chiens d’assistance judiciaires ont fait leur preuve pour aider les victimes à parler, des associations comme Coeur d’artichien utilisent nos amis les bêtes pour réduire l’anxiété et rompre le sentiment d’isolement dans les prisons, les maisons de retraite et les hôpitaux. Les animaux nous font du bien !