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Grâce à une imprimante 3D, ils fabriquent des prothèses pour les enfants en situation de handicap

Publié le 19 mars 2021 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h55)
Par One Heart
Temps de lecture : 4 mins

Depuis 2005, l'entreprise e-Nable propose, en France, des prothèses de bras fabriquées à partir d'imprimantes 3D. Décorées selon les goûts et les couleurs des enfants, à qui elles sont principalement destinées, ces prothèses permettent de réaliser des gestes simples du quotidien. Nous avons contacté Ghislain Gauthier, l'un des co-fondateurs de la plateforme e-Nable France, qui nous en dit plus sur le processus d'impression. 

 

La plateforme met en relation des familles et "makers"

La plateforme en ligne e-Nable met en relation des familles dont les enfants, atteints d'agénésie (absence de formation d'un organe ou d'un membre), ont besoin d'une prothèse, et des "makers", qui vont se charger d'imprimer cette prothèse en 3D. « Tout est gratuit, les familles et les personnes possédant une imprimante 3D peuvent s’inscrire gratuitement », nous dévoile Ghislain Gauthier, co-fondateur d'e-Nable France. Lorsque la demande concerne un enfant, les parents doivent renseigner les informations et les besoins de ce dernier, sur le site d'e-Nable. Pour compléter leur dossier, il est impératif qu'ils fournissent des photos des deux bras de leur enfant pour que les makers aient une "référence". En effet, comme nous l’explique Ghislain, les agénésies ne sont pas toutes équivalentes et peuvent nécessiter des customisations ou des impressions particulières. Les parents doivent aussi prendre, à l’aide d’un mètre,  des mesures indispensables pour la réalisation de ces prothèses. 

Une fois l’inscription terminée et validée, les parents vont être mis en relation avec des “makers” disponibles dans leur région. « Nous, sur notre site, on va alerter nos makers qu’une famille a besoin d’être équipée du côté de Marseille, par exemple, et ils vont donc se manifester et annoncer qu’ils sont disponibles pour cette impression 3D », explique Ghislain. Ensuite, les makers, qui ont été préalablement validés par l’équipe de e-Nable, vont discuter avec la famille, pour convenir des détails de l'impression (dimension, coloris) et du lieu où la prothèse sera remise à l'enfant. Le choix du lieu de rencontre est libre et celle-ci n’est pas obligatoirement réalisable au domicile de la famille. Le rendez-vous peut être donné dans un lieu neutre, dans un bar, ou même parfois, directement chez le maker. 

 

Une impression 3D réalisée en 24h

Pour choisir les makers, Ghislain nous dévoile que des "mains de test" sont demandées afin de pouvoir évaluer le niveau de chacun : « Si la main est parfaite, on valide le maker et sinon on lui explique ce qu’il doit améliorer sur sa technique », ajoute-t-il. Si les compétences techniques sont passées à la loupe, les compétences dites "humaines" le sont encore plus. La communication, très importante, est aussi étudiée par l’équipe d’e-Nable.

Les nouveaux makers sont encadrés par l’équipe d’e-Nable qui va leur expliquer les fonctionnalités de leur imprimante 3D. Celles-ci peuvent changer en fonction du filament ou de la machine utilisée pour réaliser l’impression. En général, les makers utilisent un matériau issu du maïs appelé PLA pour Polylactic Acid. Il est l'un des filaments les plus utilisés dans l'impression 3D. Moins cher et plus accessible au grand public, il permet un coût de réalisation moindre pour les makers qui peuvent être des gens "comme vous et moi", témoigne Ghislain. Après avoir discuté avec les enfants du thème précis désiré, les makers vont réaliser l'impression en 24h. « On a beaucoup de super héros, de "Spiderman". Ça permet aussi de les inclure [les enfants] dans le processus et rendre la chose presque ludique pour eux », explique Ghislain.

 

                 

Publication issue de la page Facebook d'e-Nable France 

Grâce à la prothèse, les enfants reprennent confiance en eux 

Au départ, les prothèses sont principalement destinées à des enfants -à partir de 5 ans- mais des personnes de tout âge peuvent en faire la demande sur le site d'e-Nable et ce, jusqu’à 99 ans. « On a, par exemple, déjà réalisé une prothèse de bras pour une personne âgée qui souhaitait faire du violon », ajoute Ghislain. En plus des prothèses dites “standard”, comme pour les mains ou les bras, e-Nable réalise aussi des prothèses de vélo afin que les enfants puissent redécouvrir cette activité. « Ça montre la puissance de l’impression 3D parce qu’elle nous permet de customiser, de créer des fonctions particulières. On essaye, en tout cas, de travailler là-dessus », nous dévoile Ghislain. Ce dernier, qui a déjà équipé "5 ou 6 ans" de prothèses raconte que c'est un grand moment d'émotion : « Ils n’attendent que ça parce qu’ils peuvent tout refaire avec leur nouvelle main. Ils sont contents de la montrer et par-dessus tout, ils assument leur handicap avec », développe Ghislain. 

Comme une fierté, les enfants exhibent leur nouvelle prothèse devant leurs camarades qui eux, même sans handicap, veulent se procurer cette prothèse aux couleurs de leur super-héros favori. « Ça change le regard des autres sur l’enfant. Ces enfants vont pouvoir reprendre confiance en eux. Au lieu d’être ceux qui ont quelque chose en moins, finalement ils deviennent ceux qui ont quelque chose en plus », développe Ghislain. Désormais, e-Nable veut aller plus loin et essaye de développer des techniques d'impression pour les membres inférieurs. Elle voudrait à terme, créer une grande base utile pour tous les types de handicaps et pas que pour l'agénésie. 

 

Par Léa Bourgoin