Bodyguard, l’application française qui protège les internautes du cyberharcèlement

Publié le 16 mai 2019 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h55)
Par One Heart
Temps de lecture : 2 mins

Face au cyberharcèlement qui touche de plus en plus d’internautes en France comme dans le monde entier, Charles Cohen, jeune Niçois de 23 ans, a mis au point l’application Bodyguard qui bloque ou masque les messages à caractère insultant et haineux.

Entre 2017 et 2018, le nombre de commentaires qui appellent à la violence sur les réseaux sociaux a augmenté de 66,6% selon une enquête de Respect Zone et de TF1 Initiatives sur la montée des cyberviolences en France. Les victimes de ces agissements ont des profils variés ; ils peuvent concerner aussi bien la classe politique dans son ensemble qu’un individu en particulier. Le Youtubeur Bilal Hassani, souvent ciblé par un cyberharcèlement homophobe et raciste particulièrement violent, a trouvé en l’application Bodyguard un outil de filtrage et de modération « bien meilleur que celui des applications [Twitter, Youtube…] » expliquait-il lors de son passage dans l’émission « Quotidien » le 10 janvier dernier.

Un algorithme qui classe les messages haineux en plusieurs catégories

Créée il y a deux ans par Charles Cohen, l’application compte près de 27 000 utilisateurs à ce jour. A l’instar des youtubeurs, le monde politique est également séduit par ce programme. L’ancien secrétaire d'Etat chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi, se dit très satisfait de son installation sur son compte Twitter a-t-il déclaré à Franceinfo. Ce succès grandissant repose sur un algorithme régulièrement amélioré par son créateur. Afin de maximiser l’efficacité du travail de modération, l’application classe les milliers de messages haineux en plusieurs catégories (insultes, menaces, moqueries, homophobie, harcèlement sexuel ou moral). Bodyguard peut également masquer ou bloquer les messages qui contiennent des fautes d’orthographe.

Le cyberharcèlement encore difficilement quantifiable

Selon un sondage Ifop publié par Franceinfo en début d’année, plus d’un jeune majeur sur cinq (22%) déclare avoir déjà été victime de cyberharcèlement. Les personnes les plus touchées sont celles qui sont le plus connectées (réseaux sociaux, forums…). Les jeunes sont donc plus exposés à ces comportements malveillants qui peuvent mener dans certains cas à la dépression voire au suicide. Pourtant, il est difficile de quantifier ce phénomène du fait du manque de statistiques officielles sur ce sujet. La tâche des géants du web est donc immense et la possibilité d’un rachat de l’application Bodyguard par ces derniers est envisageable au vu de sa popularité croissante.