Arctique : La dernière plateforme glaciaire du Canada s’est effondrée

Publié le 14 août 2020 (modifié le 9 mai 2022 à 11h15)
Par One Heart
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L’ultime plateforme glaciaire appartenant au plateau de Milne dans l’Arctique canadien s’est brisée en quelques jours fin juillet.


La plateforme glaciaire réduite de 43%

« C'était la plus grande plateforme de glace intacte restante, et elle s'est désintégrée, essentiellement », explique Luke Copland, glaciologue à l'Université d'Ottawa, à l'agence de presse britannique Reuters. En seulement quelques jours, du 30 juillet au 4 août, un énorme bloc de glace de 80 km2 s’est détaché de la plateforme glaciaire de Milne. Au total, la plateforme a perdu pas moins de 43% de sa superficie selon le Service canadien des glaces (ECCC). Le morceau s’est ensuite divisé en plusieurs blocs le 3 août dernier. 


L'effondrement de la plateforme glaciaire a également entraîné la perte du dernier lac Epishelf connu de l'hémisphère nord. Ce type de lac est formé d’une masse d’eau douce emprisonnée par une plateforme de glace flottant au-dessus de l’eau.

 

Le résultat du réchauffement climatique

L’effondrement de la plateforme glaciaire est dû au réchauffement climatique : « Les températures élevées, le vent et l'eau "libre près du plateau" sont les responsables de cette "rupture", symbolique du changement climatique. » détaille l’ECCC. Dans un communiqué de presse, le glaciologue Luke Copland a dévoilé que les températures de cet été dans l'Arctique étaient jusqu'à 5 °C plus chaudes que celles enregistrées en moyenne à la même période entre 1981 et 2010. En effet, la région polaire se réchauffe deux à trois fois plus vite que l'ensemble de la planète, selon les données météorologiques. 


Le phénomène inquiète particulièrement les experts : « La plateforme Milne et les autres plateformes de glace au Canada ne sont tout simplement plus viables. Elles disparaîtront dans les décennies à venir », poursuit le géologue Copland dans son communiqué. Cette fonte des glaces a de nombreuses conséquences, autant environnementales qu'humaines : montée des eaux et inondations plus importantes, déplacements des populations autochtones ou encore disparition de l’habitat des animaux vivants sur la banquise (ours polaires, phoques, caribous…). 

Pour lutter contre le réchauffement climatique à petite échelle, vous pouvez par exemple consommer des fruits et légumes de saison, recycler, réduire votre consommation de viande ou encore privilégier les transports en commun. 

 

 

Par Chloé Sappia