Alzheimer : une découverte donne espoir pour de futurs traitements

Publié le 3 novembre 2021
Par Julie Marie
Temps de lecture : 2 mins
Alzheimer, considéré comme l'un des principaux problèmes de santé publique, touche actuellement 40 millions de personnes dans le monde, dont plus d’un million en France. On estime à 225 000 le nombre de nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France. Cependant, une étude britannique publiée ce vendredi 29 octobre dans la revue scientifique “Science Advances”, semble donner de l’espoir quant à l’amélioration des traitements futurs.

Une étude qui bouleverse plusieurs théories sur la maladie d'Alzheimer

L'étude publiée dans la revue Sciences Advances, mise au point par une équipe internationale de chercheurs dirigée par l’Université de Cambridge en Grande-Bretagne, est la première à avoir utilisé des données humaines pour expliquer la cause de la progression d’Alzheimer dans le cerveau. Cette découverte bouleverse plusieurs théories sur la maladie et pourrait influencer la façon dont sont conçus les traitements.

Les précédentes études avaient permis de constater, chez la souris, l’apparition de la pathologie (présente par l’accumulation de deux protéines connues à ce jour : la protéine tau et la bêta-amyloïde) dans une seule zone du cerveau, formant un amas qui déclenche une réaction en chaîne dans d’autres régions de celui-ci. Cet amas provoque ainsi la mort des cellules cérébrales et un rétrécissement progressif du cerveau. Un tel phénomène peut se produire mais selon les chercheurs, il ne s’agit pas là du moteur principal de la dégénérescence

La première étude d’Alzheimer utilisant des données d’origine humaine

Jusqu’à l’heure, il a été prouvé que la maladie d’Alzheimer se propageait à partir d’une seule zone du cerveau. Il s’avère finalement que celle-ci était déjà présente dans différentes régions, comme le démontre l’étude publiée sur la maladie dégénérative. Pour réaliser cette étude qui pour la première fois s’appuie sur des données d’origine humaine, 400 échantillons de cerveau ont été prélevés après la mort de patients atteints de la maladie d’Alzheimer et des scanners ont été effectués sur des patients vivants. Ces recherches ont permis de suivre le développement de la protéine tau dans le cerveau et donc la progression de la maladie. Ainsi, au lieu de partir d’un point unique, les protéines toxiques atteignent très tôt différentes régions du cerveau. Essayer de limiter leur propagation d’une zone à l’autre n’est donc pas une solution pour ralentir Alzheimer. Cela expliquerait en partie pourquoi la maladie évolue de façon aussi fulgurante en une dizaine d’années après le diagnostic.

Un espoir pour les patients atteints de la maladie neurodégénérative

En plus de cette découverte majeure, les chercheurs se sont rendu compte que la duplication des agrégats de protéines tau est étonnamment lente : il faudrait en effet cinq ans pour que son nombre double. Un chiffre encourageant pour Georg Meisl, principal auteur de l’étude, puisque cela indique que les neurones sont déjà capables de combattre les agrégats. « Peut-être que si nous parvenons à les améliorer un peu, nous pourrons retarder considérablement l'apparition de la maladie grave » ajoute le chercheur dans l’étude.

Selon les données recueillies au cours de ces recherches, il serait donc possible de retarder l’apparition d’Alzheimer ainsi que de développer des traitements davantage adaptés. Ces résultats pourraient à l’avenir bouleverser le développement des traitements contre Alzheimer, mais également d’autres maladies neurodégénératives, et représenter une lueur d’espoir pour cette maladie que les Européens placent, d’après une enquête d’Alzheimer Europe, au second rang des maladies les plus redoutées.