Qu'est-ce que le féminisme populaire ?

Par l'équipe Oneheart, le 08 mars 2018
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A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, nous avons rencontré Bouchera Azzouz, féministe engagée et Présidente de l'association Féminisme Populaire. Elle nous explique ce qu'est le féminisme populaire et nous raconte le parcours atypique de Magou, devenue avocate à l'âge de 33 ans.

"Nous ne devons notre condition de femme libre aujourd'hui qu'à des millions d'autres femmes qui se sont battues pour nous, ne bradons pas cette liberté.

Qu'est-ce que le féminisme populaire ?

Ce sont des femmes qui ont un système D parce qu'il y a une nécessité pour elles de renverser l'ordre naturel, les codes établis.

Cette appellation a donné lieu au nom de l'association créée par Bouchera en 2006. Depuis quelques années, l'association propose des plans d'accompagnement :

-d'une part, un plan d'accompagnement à l'autonomie des filles visant à les sensibiliser à tous les métiers du numérique ;

-d'autre part, un plan d'accompagnement à l'autonomie des femmes, notamment des femmes primo-arrivantes ou issues de l'immigration récente qui arrivent souvent diplômées en France et qui se retrouvent un peu sur le banc de touche parce que leurs diplômes ne sont pas reconnus.

Manque d'écoute ou encore de dispositif leur permettant de trouver une place dans la société à leur juste niveau...tels sont les principaux freins à cette intégration.

Comment fonctionne ce plan d'accompagnement à l'autonomie ?

Au Mée sur Seine, on a travaillé avec un centre social qui est fréquenté par beaucoup de femmes du quartier. La plupart d'entre elles avaient au minimum, une licence qui est quand même un élément extrêmement important. On s'appuie sur des structures existantes qui nous amènent des femmes.Il y a une réelle démarche volontaire expliquant 0% d'abandon. En effet, elles sont toutes reparties avec un programme personnel et on a pu aider au moins 80% d'entre elles à trouver un dispositif de formation, d'emploi ou d'accompagnement.

Avez-vous des anecdotes à nous raconter ?

L'année dernière, on a remis un prix à une jeune avocate qui s'appelle Magou. Magou a intégré le barreau de Bobigny, à l'âge de 33 ans. Elle a arrêté ses études à 16 ans, puis a passé son bac à 23 ans en tant que candidate libre avant de mettre dix ans pour devenir avocate. Ca a été long mais elle a réussi.

Grâce à Magou, 15 filles de son quartier font des études de droit. C'est extraordinaire de se dire que l'on néglige cette capacité, cette force motrice que sont les femmes, dans les quartiers populaires.

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