Pour lutter contre la détresse étudiante, des agriculteurs accueillent des étudiants dans leur ferme

Par l'équipe Oneheart, le 12 mars 2021 (modifié le 15 mars 2021)
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Dans plusieurs régions de France, des agriculteurs se sont réunis afin de venir en aide aux étudiants en détresse. Pour cela, ils ont créé "Bol d'air étudiant", une initiative solidaire qui permet aux agriculteurs et aux particuliers d’accueillir chez eux des jeunes, pour découvrir leurs métiers et leurs régions. Nous avons contacté Loïc Thirion, fromager à Niviac dans le Morbihan qui nous dévoile les détails de cette belle aventure solidaire.

Permettre aux étudiants de lâcher prise, le temps d’un week-end

L'incroyable aventure de "Bol d'air étudiant" a démarré il y a peu de temps, en février 2021. Elle a été lancée par Vincent Laubert, un éleveur de vaches dans le Doubs et fabriquant du fromage Comté AOP. C’est dans sa ferme qu’il a invité pour la première fois et totalement gratuitement, trois étudiants pour leur faire découvrir son métier et sa région. Le but était aussi et surtout : “lâcher prise le temps d’un week-end”. Séduit par ce projet, Loïc Thirion n’a pas hésité à le contacter : « Comme on avait eu presque la même idée, je l’ai contacté. On s’est alors mis d’accord pour que je puisse mettre en place les groupes Facebook parce qu’il n’était pas très à l’aise avec les réseaux sociaux », nous explique Loïc.

Loïc Thirion, l'un des agriculteurs à l'origine du projet au côté de sa femme Jacqueline Sarrazin (©LoïcThirion)

Suite à la création du premier groupe "Bretagne", plusieurs agriculteurs se sont proposés d'héberger lors d'un week-end ou d’une semaine, quelques étudiants. Pour simplifier et surtout pour clarifier les demandes, Loïc a ensuite pris la décision de créer d’autres groupes, 13 au total. « Au départ, ce sont les agriculteurs, ou les particuliers, qui proposent d’accueillir les étudiants en postant une sorte d’annonce. Les étudiants laissent un commentaire pour montrer leur intérêt et pour que l'hébergeur puisse les contacter en privé », ajoute Loïc. Au total, on compte  près de 2 600 membres sur chacun de ces groupes et environ 500 propositions. Depuis le lancement, Loïc nous dévoile que près de 90 étudiants ont pu bénéficier de cette parenthèse nature.

Un véritable partage d’histoires de vie

Au programme du séjour, plusieurs activités sont proposées aux étudiants : « Si il (le séjour) se déroule à la ferme, les étudiants peuvent aider aux différentes tâches importantes mais encore une fois ils ne sont pas obligés. La plupart participent parce qu’ils veulent comprendre, apprendre et découvrir ces métiers-là », nous raconte Loïc. Des balades sont aussi organisées dans la nature, pour un véritable bol d’air frais comme en Bretagne, où les marches au bord de la plage et près des ports permettent aux étudiants de se dépayser un peu plus.  L’objectif de cette initiative solidaire est de partager des histoires de vie entre jeunes et plus âgés mais aussi d'échanger des savoir-faire, parfois peu connus. Une parenthèse plus qu’utile, selon Loïc : « Il y a une étudiante de Nantes qui est venue nous voir le week-end dernier. Ça lui a fait énormément de bien parce qu’elle vit dans un 9m2 et elle passe au moins 6 ou 7 heures devant son écran tous les jours », explique-t-il.

Des expériences courtes qui peuvent cependant changer la vie de certains étudiants, comme Bénédicte qui était venue chez Valérie, à côté de Quimper. En effet, comme nous le dévoile Loïc, la jeune femme a pu discuter avec son hôtesse de ses envies de carrière dans le doublage de dessins animés. Les deux femmes ont alors cherché à prendre contact avec des professionnels et Bénédicte aurait décroché son premier travail. Une belle réussite qui fait chaud au coeur ! « C’est juste merveilleux ! C’est aussi ça notre but : discuter, échanger et avancer ensemble. Ça aussi ça fait du bien, de passer quelques jours avec quelqu’un qui ne connaît pas notre passé », avoue Loïc. À l’avenir, lui et Vincent Laubert souhaiteraient monter une association baptisée Bold'air étudiant afin que le projet perdure : « Même si la crise sanitaire se calme, on a envie de continuer et d’aller plus loin. On est en relation avec l’application Frimake pour organiser, plus tard, des évènements à 5 ou 10 personnes pour faire des pétanques, des balades ou des matchs de tennis par exemple », conclut Loïc.

 

Par Léa Bourgoin

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