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Par UNICEF, le 12 juin 2016

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A l’occasion de la Journée Mondiale contre le travail des enfants, le 12 juin 2016, rencontre avec Laurence Dubois chargée de programme au Bureau International du Travail et spécialiste du travail des enfants dans le monde.

Le 12 juin 2016, c’est la Journée Mondiale contre le travail des enfants. A cette occasion, nous nous sommes entretenus avec Laurence Dubois, spécialiste de la question et chargée de programme au Bureau International du Travail (BIT). L’occasion pour nous de faire un point sur le travail des enfants dans le monde.

Un fléau mondial

« Les derniers chiffres disponibles concernent la période 2008-2012, nous explique Laurence Dubois. Ils font état de 168 millions d’enfants concernés par le travail infantile. Cela équivaut à 11 % des jeunes âgés de 5 à 17 ans dans le monde. Au total 85 millions d’entre eux exercent des métiers dangereux.

Il est important de noter que ce chiffre est en baisse. En 2000 il s’élevait à 245 millions. Nous avons donc constaté une baisse de 30 % du nombre de mineurs obligés de travailler.

Actuellement, 58,6 % des enfants travaillent dans l’agriculture, la pêche et la foresterie. 25,4 % sont dans les services (restauration, hôtellerie…). 7,2 % occupent des postes dans l’industrie et 6,9 % d’entre eux sont domestiques.

En valeur absolue, l’Asie est le continent le plus touché par ce fléau. Cependant, l’Afrique reste la région la plus frappée avec un enfant sur cinq concerné par le travail infantile. La prochaine étude est en cours de réalisation. Elle sera rendue public en 2017 et nous donnera, notamment, des statistiques pour le continent européen qui étaient inexistantes ».

Les principales causes du travail des enfants

« Le travail des enfants est principalement lié à trois grandes raisons, détaille la spécialiste. La première d’entre elles est, bien évidemment, la pauvreté familiale. Très souvent une famille en situation de grande misère devra se contraindre à faire travailler ses enfants pour subvenir à leurs besoins. Il faut avoir conscience que les parents n’envoient jamais leurs enfants au travail par gaité de cœur. C’est fréquemment une question de vie ou de mort. Cependant, ce n’est pas parce qu’il y a de la pauvreté qu’il ne faut pas respecter les droits fondamentaux. Bien au contraire, il faut les tirer vers le haut !

La deuxième raison tient aux situations de crise. A la suite d’un incident, une famille décide de faire travailler ses enfants. Cela peut-être après une catastrophe naturelle ou une sécheresse. J’ai pu rencontrer, par exemple, une petite fille malgache devenue enfant domestique pour pouvoir payer les médicaments de sa sœur tombée gravement malade.

La troisième cause concerne la déscolarisation pour des raisons extérieures à la volonté des enfants. Lorsque l’école est trop loin, lorsqu’il y a des violences, ou encore quand les enseignants ne viennent plus faute de paye. L’enfant quitte alors l’école et rentre dans le monde du travail avant l’âge légal.

On observe l’émergence d’une quatrième cause. Celle de la migration. Lorsque des populations migrent vers des zones plus riches, les enfants suivent et se retrouvent contraints de travailler. C’est notamment le cas dans les mine d’or du Niger. Les plus jeunes y servent d’éclaireurs pour passer dans des trous inaccessibles pour les adultes. Il y a également une forte exploitation sexuelle dans ces lieux. Des petites filles servent d’esclaves sexuels pour les hommes partis loin de leur famille ».

L’éducation : le cœur du problème

« Ces enfants sont privés d’éducation, précise Laurence Dubois, ils deviennent donc des adultes sans qualification. Ils seront presque toujours pauvres. Prenez l’exemple d’Akissi Delta, une actrice de séries télévisées en Afrique de l’ouest. Enfant, elle devait travailler pour nourrir sa famille. Certaines voient en sa réussite la preuve que l’éducation n’est pas importante. Pourtant, Akissi témoigne de son enfer quotidien. Elle ne sait ni lire, ni écrire, ni compter. Elle raconte, entre autre, comment des personnes se sont servies de cette situation pour l’escroquer.

Pour résoudre la question du travail infantile, le plus important est d’avoir une approche intégrée. Il faut faire de la prévention pour éviter que l’enfant ne quitte l’école. La rescolarisation est très difficile. S’ils sont suffisamment jeunes, les enfants peuvent passer par une école non formelle pour récupérer un niveau et ensuite réintégrer l’école traditionnelle. S’ils sont trop âgés, leur éducation se fera par la formation professionnelle.

Il faut avoir en tête que le travail avec les parents est primordial. Il faut leur donner les moyens de compenser la perte de revenu engendrée par la scolarisation d’un enfant. Le travail de sensibilisation et d’explication est donc essentiel ».

La Journée Mondiale contre le travail des enfants

« Pour la Journée Mondiale contre le travail des enfants, indique la chargée de programme au BIT, chaque pays organise une activité. Cela peut-être des conférences, des actions de sensibilisation, des événements organisés par et pour les enfants… L’objectif est de faire comprendre la réalité au grand public tout en faisant la fête.

Cette année le thème de la journée s’articule autour des chaines de production et d’approvisionnement. C’est une question essentielle. Les grandes entreprises contrôlent parfaitement les derniers maillons de la production. Cependant, il faut qu’elles s’assurent qu’à toutes les étapes de la chaine il n’y a pas eu de travail infantile. C’est un exercice long et fastidieux. Il faut donc les accompagner sur ce chemin.

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) a mis en place plusieurs outils pour aider ces entreprises à lutter contre le travail des enfants. Nous avons publié un guide à destination des employeurs expliquant concrètement les principes et les droits fondamentaux au travail dans l’entreprise. Nous avons également créé ilocheckpoint, une application permettant à l’entreprise d’obtenir des réponses rapides concernant le travail des enfants.

Enfin, en 2012, nous avons lancé la CLP, une plateforme sur la question du travail infantile au sein de laquelle des sociétés (principalement anglo-saxonnes) se regroupent pour partager leurs bonnes pratiques, exprimer les difficultés qu’elles ont rencontrées etc. L’objectif de cette plateforme est d’éliminer le travail des enfants de façon globale. Si une entreprise agit seule, cela ne fera que déplacer le problème, les enfants trouveront un travail dans une autre entreprise et ainsi de suite. Si toutes les grosses multinationales s’y mettent en même temps, alors cela peut faire changer les choses ».

Si vous aussi vous souhaitez en finir avec le travail infantile, apportez votre soutien à des associations comme l’UNICEF ou encore Vision du Monde !

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