SOS MEDITERRANEE : l’Aquarius vogue au large de la Libye

Par SOS MEDITERRANEE, le 01 mars 2016

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Nous avions laissé l’Aquarius, le bateau de sauvetage en haute mer de SOS MEDITERRANEE, au moment de son départ de Marseille. Il est depuis passé par Palerme, Lampedusa, avant de partir vers sa destination finale – les côtes libyennes – pour commencer sa mission. Impressions des membres de l’équipe.

Prendre ses marques, affronter la houle, se préparer pour le sauvetage : ces premiers jours en mer ont été intenses pour l’équipe de SOS MEDITERRANEE.

C’est la mer qui décide

Depuis son départ de Marseille, l’Aquarius a fait du chemin ! Palerme, puis Lampedusa, avant de prendre position à 12 miles des côtes libyennes. Le bateau a essuyé plusieurs jours de grosse mer. De quoi créer des liens ! « L’estomac au bord des lèvres, on se retrouvait tous sur le pont pour prendre l’air, raconte Fabienne Lassalle, vice-présidente de SOS MEDITERRANEE, présente à bord de Marseille à Lampedusa. On s’échangeait des astuces, des médicaments contre la nausée. Dans ces moments, tu sens bien que ce n’est pas toi qui décides, c’est la mer. »

L’équipage réalise doucement ce qui l’attend. « C’est une vaste entreprise, raconte le Grand Reporter Jean-Paul Mari, qui tient chaque jour depuis le 25 février un journal de bord publié dans Libération. On prend conscience de l’ampleur de la tâche. L’Aquarius est un gros bâtiment, solide, prêt à affronter beaucoup de problèmes. Il a la coque pour ça. Et tout le monde connaît bien son métier : chacun sait ce qu’il fait et pourquoi il le fait… »

L’équipe se compose d’une trentaine de personnes, d’une dizaine de nationalités : sauveteurs, personnel médical, mais aussi journalistes embarqués et marins marseillais. « Même si le sauvetage en mer n’est pas leur métier d’origine, rappelle Fabienne Lassalle, les marins sont très impliqués. Le capitaine ukrainien me disait aussi : ”c’est de notre responsabilité de mener cette opération“ ».

« On réalise ce que vivent les migrants, ajoute Jean-Paul Mari, qui pourtant connait déjà bien leur situation pour avoir écrit un livre sur le sujet - Les Bateaux Ivres. Ils prennent la mer sur des rafiots aux moteurs asthmatiques, avec des téléphones sans batterie. Ils souffrent de la soif, de la faim, de la fatigue : toutes les conditions pour avoir le mal de mer ! Sans compter l’angoisse d’être englouti. Un réfugié me disait un jour : ”j’ai l’impression que le ciel s’est couché sur la mer“.»

Un premier bateau en détresse

Face à la mer, le capitaine doit prendre des précautions pour assurer la sécurité de l’équipage, comme ne pas mener d’actions de nuit, par exemple. « C’est loin d’être gagné d’avance, analyse Fabienne Lassalle. Chaque opération de secours sera un challenge, une opération de haute voltige. »

 « Nous sommes dans le temps de la mer, explique Jean-Paul Mari. Nous pourrons passer plusieurs jours sans voir personne puis quand le ciel se dégage et que la mer s’ouvre, être confrontés à un afflux de naufragés. »

En attendant les premiers sauvetages, tout le monde s’entraîne. « Il reste quelques réglages à faire, explique Clément Turrel, un jeune marin marseillais. Mais on se sent de mieux en mieux ; les exercices sont plus fluides. Ce matin, par exemple, on a testé le transbordement des brancards et des gilets de sauvetage du petit bateau au gros. On sait qu’on sera parés quand un bateau se présentera. »

Ce weekend, un zodiac en détresse a été repéré par le MRCC, le centre de sauvetage en mer des autorités italiennes, mais sans localisation exacte. Premier télégramme, première alerte pour l’Aquarius : l’équipage s’est relayé toutes les trois heures pour scruter la mer. Sans succès.

« C’est terrible de pouvoir passer à côté d’un bateau en perdition sans le voir », confie Jean-Paul Mari. Heureusement, ce matin, le MRCC a confirmé à l’Aquarius que les garde-côtes avaient retrouvé trace de la frêle embarcation.

Dans le même bateau

A bord, le travail ne manque pas : manœuvres de sécurité, briefings réguliers, communication… Les journées sont bondées et les nuits sont courtes. Les marins se relaient pour faire leur « quart », ce tour de garde avec jumelles, pour repérer les bateaux en détresse.

Le reste du temps, l’équipage s’occupe comme il peut. Un lieu devient le point de ralliement de l’équipe, comme nous l’avions pressenti pendant la visite à Marseille : le Mess Room, où tout le monde se retrouve pour partager les repas. Espagnol, arabe, tigrigna (un dialecte érythréen) : chacun donne des cours aux autres dans sa langue. Il regarde des films, fait du sport, garde contact avec la famille et les amis. « La vie quotidienne sur un bateau, raconte Clément Turrel, ça n’est jamais très mouvementé. Sauf la mer ! »

Comment se sent-on après le départ, avant les premiers sauvetages ? Clément Turrel répond, pudique : « On est dedans, là ! Ça n’est plus trop le moment de penser à ça… » Jean-Paul Mari conclut : « Je suis sûr d’être au bon endroit, à la place juste, avec les gens qu’il faut. » Un sentiment partagé par la trentaine de membres qui vivent à bord, « ensemble, dans le même bateau ».

Fabienne Lassalle a quitté l’Aquarius à Lampedusa, quand le bateau se remplissait de nouveaux habitants. Elle a encore « la tête et le cœur en mer ». « Tout me paraît un peu dérisoire, murmure-t-elle. Mais notre devoir, à terre, me semble encore plus primordial : chercher des fonds pour que l’opération soit pérenne. »

Retrouvez sur le tout nouveau site Internet de SOS MEDITERRANEE les informations sur la position du bateau, le journal de bord de Jean-Paul Mari et la page de collecte pour financer l’opération #TogetherForRescue

Crédit photo : Patrick Bar

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