SOS MEDITERRANEE a vu pour nous Fuocoammare, par-delà Lampedusa

Par SOS MEDITERRANEE, le 03 octobre 2016

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Fuocoammare, par-delà Lampedusa n’est pas un film sur les migrants : c’est un film sur Lampedusa. Mais Lampedusa, c’est aussi une île de 20 km2 sur laquelle 400 000 migrants ont débarqué depuis ces 20 dernières années. Claire Karinthi, de l’association SOS MEDITERRANEE, partenaire de la diffusion du film en France, revient aujourd’hui avec nous sur cette œuvre, son message, et la manière dont elle vient questionner notre rapport à l’autre, à notre propre humanité.

 

OneHeart : Quel regard portez-vous sur le film ?

Claire Karinthi : Dans Fuocoammare, il y a vraiment deux films en un : l’un est centré sur la vie à Lampedusa, racontée à travers les yeux d’un petit garçon ; le second est centré sur la situation des migrants. Entre les deux, le film met à jour la confrontation entre la vie quotidienne des habitants de Lampedusa, et l’horreur de ce qui est subi par les populations réfugiées – la confrontation ou plutôt, l’absence de confrontation, car Fuocoammare montre justement l’absence de rencontre, de lien entre ceux qui vivent et ceux qui arrivent sur l’île. Depuis quelques années, et notamment suite au naufrage de 2013, l’accueil des migrants s’est institutionnalisé sur l’île : directement transférés en centres d’accueil après leur sauvetage en mer, ils ne sont plus en contact direct avec la population. Une distance s’est créée dans la façon même dont l’accueil est organisé. Cette séparation entre les population (habitants et migrants), cette déconnexion entre les parcours, est propre à Lampedusa, et c’est cette spécificité que Fuocoammare raconte : en ce sens, il s’agit donc bien d’un documentaire sur Lampedusa, en tant que lieu, plus que sur les migrants. Et pourtant, cette déconnexion est aussi pour le réalisateur, une métaphore de l’indifférence de l’Europe entière face à la crise migratoire. 

 

OneHeart : Un constat plutôt sombre donc…

Claire Karinthi : Beaucoup de spectateurs sont en en effet frappés par cette vision extrêmement noire – de Lampedusa, de l’Europe, et même de la capacité humaine à faire preuve de solidarité. Et pourtant, une figure d’espoir émerge : celle du médecin généraliste de l’île, qui est aussi celui qui accueille depuis 15 ans tous les migrants qui échouent à Lampedusa – morts ou vivants. Et ce qui est très fort dans son discours, c’est que pour lui, c’est se sauver lui-même que d’agir, quelle que soit la difficulté de son travail face à l’horreur à laquelle il est confronté. Il est la figure de profonde humanité de ce film, celui qui permet de dire que Lampedusa, et finalement l’Europe… ne se résument pas à ce constat d’échec qui est dressé en première lecture.

 

OneHeart : Et pour ceux qui ne sont pas médecins à Lampedusa alors : comment agir, que faire ?

Claire Karinthi : Le but d’un film, ce n’est pas seulement de donner une vision – aussi juste soit-elle : c’est de pousser les gens à se questionner. Fuocoammare bouscule le public, justement pour amener chacun d’entre nous à se questionner sur le drame vécu par les populations qui fuient en Europe, et la manière dont nous y répondons. En nous ramenant à notre propre attitude, ici et maintenant, face à l’horreur qui nous est montrée, le film rappelle que l’action est possible, quelle qu’elle soit. Le rôle de ce genre d’œuvre, au-delà de sa dimension artistique, c’est donc aussi de sortir les gens de leur sentiment d’écrasement et d’impuissance, et ainsi, d’ouvrir la possibilité d’une initiative, d’un changement.

 

OneHeart : Et c’est justement ce que SOS MEDITERRANEE essaie aussi de faire…

Claire Karinthi : On peut y voir un parallèle en effet, puisqu’il s’agit de montrer et rappeler que l’action est possible. Les spectateurs sortent fortement touchés par l'esthétisme de ce film, bouleversés par cette distance entre les habitants et les personnes secourues, arrivant à Lampedusa. Certains jugent parfois ce parti pris de Gianfranco Rosi, éloigné de la réalité, tant cette réalité peut heurter.  La figure du médecin vient alors réconcilier, adoucir cette réalité. Ce médecin est à l'image de ce que veut être l'association SOS MEDITERRANEE, symbole d'humanité, de main tendue.

 

OneHeart : C’est ce parallèle qui a poussé SOS MEDITERRANEE à s’engager pour ce film ?

Claire Karinthi : Klaus Vogel, fondateur allemand de SOS MEDITERRANEE, et Gianfranco Rosi se sont rencontrés en janvier 2016 à la Berlinale où Fuocoammare a reçu l’Ours d’or, et c’est ainsi qu’il a été décidé que SOS MEDITERRANEE serait partenaire en France de la diffusion du film, aux côtés d’Amnesty International. Cependant, même avant l’Ours d’or, l'intuition était déjà là chez Mathieu Berton, de l'agence Metéore (le distributeur français), et dans le milieu du cinéma en général d’ailleurs, que ce film marquerait son époque. Qu’il serait, grâce à l'incroyable talent de son réalisateur, sa sensibilité, le bon film, au bon moment, pour parler de ce drame que vivent directement les habitants de Lampedusa depuis des années, mais aussi l'Italie et toute l'Europe. Lampedusa est un focus, un microcosme, qui parle si justement d'un état qui concerne l'Europe entière.  Ce film invite chacun à questionner son propre rapport à ces drames, à son humanité. SOS MEDITERRANEE a ressenti la puissance et la portée de ce film pour son époque, qui se vérifie aujourd’hui, alors que l'Italie vient de choisi Fuocoammare pour la représenter aux Oscars.

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