Menacés, expulsés : le combat des Maasaï pour leurs terres

Par l'équipe Oneheart, le 18 mai 2018
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Des terres précieuses, mais à quel prix ?

La région de Serengeti, qui signifie en langage Maasaï (Maa) « La plaine sans fin », est mondialement connue pour la densité et variété de sa faune. Très prisée par les touristes souhaitant venir observer les quelques millions d’animaux, la région a vu se développer les safari depuis des années.

Cette région est également occupée par les Maasaï, un peuple semi-nomade d’éleveurs et de guerriers d’Afrique de l’Est, dont les tribus s’étendent entre le Centre du Kenya et le Nord de la Tanzanie. Décimés depuis la colonisation à cause de maladies, ils ne sont plus que quelques centaines de milliers. Ils se déplacent régulièrement avec leur bétail en fonction des saisons, mais habitent la région depuis des siècles, en particulier la zone de Serengeti.

Le problème ? Les entreprises touristiques de safari et le gouvernement tanzanien exercent une violente pression sur les tribus Maasaï afin de récupérer ces terres précieuses !

 

Un peuple ancestral victime du tourisme de luxe

Le 10 mai, l’Oakland Institute publiait un rapport alarmant dénonçant les violences vécues par le peuple Maasaï. Expulsés de force de leurs villages, battus par la police, les Maasaï sont les victimes collatérales d’une politique économique centrée sur le tourisme au détriment des droits humains les plus fondamentaux.

D’après le rapport, 180 maisons ont été brûlées en août 2017. Un épisode loin d’être isolé puisqu’en 2009, le Rapporteur Spécial des Droits des peuples autochtones de l’époque, James Anaya, déplorait déjà la destruction de 200 habitations Maasaï et les nombreuses violences, menaces et humiliations dont ils étaient régulièrement victimes. Plusieurs arrestations arbitraires ont eu lieu au fil des années, or le rapport d’Oakland Institute souligne que lorsqu’un avocat local a voulu se charger de défendre le cas des Maasaï en 2016, il a lui aussi été arrêté par les forces de l’ordre.

Deux entreprises sont particulièrement pointées du doigt par le rapport d’Oakland Institute : Ortello Business Corporation (OBC), une agence de tourisme permettant à la famille royale des Emirats Arabes Unis de venir chasser en vacances dans la région, et Thomson Safaris, une entreprise basée à Boston qui serait selon les locaux alliée avec la police et complice des violences perpétuées.

En effet, depuis 1992, l’agence touristique basée aux Emirats Arabes Unis (OBC) se serait associée avec le gouvernement tanzanien pour bénéficier d’un espace de chasse réservé à la famille royale, en échange de quelques millions de dollars destinés aux forces armées de Tanzanie. Si leur licence a été officiellement annulée par le gouvernement en 2017 suite à une mobilisation du peuple Maasaï et un retentissement médiatique international, l’entreprise est encore active dans la région et par conséquent, le climat reste très menaçant pour les tribus.

 

Chasseurs des Emirats Arabes Unis en Afrique

 

Un rapport de force déséquilibré et inhumain

Par solidarité avec les tribus Maasaï et leur combat pour préserver leurs terres et la survie de leur peuple, la communauté internationale a su montrer son soutien à
travers des pétitions comme celles d’Avaaz qui a recueilli plus de 2,2 millions de signataires.

Néanmoins, la fondatrice d’Oakland Institue, Anuradha Mittal, rappelle que « Il ne s'agit pas seulement d'une région spécifique, c'est une réalité qui est trop familière aux communautés autochtones du monde entier. Dans trop d'endroits, les gouvernements, les sociétés et même de grands groupes de conservation s'entendent au nom de la conservation, non seulement pour chasser les autochtones de leurs terres, mais aussi pour les forcer à disparaître. ».

Les populations autochtones sont en permanence menacées par des intérêts économiques ou politiques d’entreprises, d’institutions et de gouvernements qui disposent des forces nécessaires pour écraser leurs revendications, voire leurs droits les plus fondamentaux. Il est donc fondamental de rester vigilant sur les injustices perpétrées à l’encontre de ces communautés et de continuer à alerter, interpeller et partager ces informations.

On peut également rappeler l'importance de s'interroger sur l'impact de nos vacances sur les populations locales : l'envers du décors n'est pas toujours ce que l'on nous montre sur les brochures. Pensez à vous tourner vers des organismes engagés pour un tourisme plus responsable, comme par exemple U2 Guide, la plateforme de voyage collaboratif et solidaire. 

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