Mathias Malzieu : "Le sang que vous donnez est un pouvoir magique"

Par l'équipe Oneheart, le 14 juin 2017

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A l'occasion de la Journée mondiale des donneurs de sang, One Heart a interviewé Mathias Malzieu, parrain cette année du  Village du partage , événement festif et ludique organisé par l'Etablissement français du sang, à Paris. Le chanteur de Dionysos , et auteur, entre autres, du "Journal d'un vampire en pyjama" , nous rappelle l'importance de donner son sang. Acte "magique", dit-il, sans lequel il ne serait pas là aujourd'hui.  

One Heart : Pourquoi est-ce si important pour vous d'être au Village du partage aujourd'hui ? 

Mathias Malzieu : C'est assez simple : j'ai été transfusé plus de cent fois. J'ai eu une maladie grave du sang il y a trois-quatre ans. Et si je suis là pour vous en parler, c'est grâce, notamment, aux donneurs de sang. Après, j'ai toujours essayé d'utiliser au mieux, et humblement, mon résonnateur médiatique. En parlant de ce que je connais, sans donner de leçon.

Aujourd'hui, je suis là pour rappeler que donner son sang est un truc super chouette. C'est une histoire d'égalité. Quand notre sang fonctionne, on donne la quantité dont on n'a pas besoin à quelqu'un qui en a besoin pour des raisons très diverses : maladies, accidents, accouchements... Evidemment, cela va faire du bien au receveur, mais aussi au donneur. Finalement, c'est comme à Noel. Le meilleur moment arrive, je trouve, quand on offre des cadeaux à ses proches. Là, en donnant son sang, on offre quelque chose de vital. C'est extraordinaire !

Vous avez écrit votre combat contre la maladie dans un livre : "Journal d'un vampire en pyjama". Peut-il être considéré comme un appel à donner son sang ? 

Bien sûr. C'est un appel au don du sang, au don de moëlle osseuse aussi. Mais ce n'est pas un livre sur une maladie, c'est un livre de combat, de renaissance. C'est joyeux, parce que j'ai eu la chance de m'en être sorti aussi. 

Être ici est dans le même ordre des choses. Je suis heureux d'encourager des manifestations comme aujourd'hui, où il y a un petit village, des activités ludiques qui permettent de dédramatiser, de remettre de la joie dans le fait de donner son sang. Cet acte peut effrayer. On a peur, presque, d'être malade soi-même. Symboliquement, le sang peut renvoyer à la mort, à l'épouvante, mais il est avant tout la couleur de l'amour, de la passion. Le sang, c'est la vie. 

Avant votre maladie, étiez-vous conscient de l'importance de donner son sang ?

Non. J'ai donné quand le petit camion venait sur le parking de la fac. Durant ma vie d'adulte, je n'ai jamais eu le réflexe d'y retourner. Je savais que c'était important de donner, mais évidemment pas autant que maintenant. Je ne demande pas aux gens d'être consient comme moi je le suis. Chacun a son passif, ses traumatismes, etc. Je ne suis pas là pour faire la morale, juste pour raconter mon parcours.

Si vous aviez un argument à donner pour que les gens se mobilisent aujourd'hui et le reste de l'année... 

Il y a toujours un moment dans la vie où l'on rêve d'avoir des pouvoirs magiques. Quand on tombe amoureux, quand on vit un deuil, quand on souhaiterait faire avancer les choses.... Le sang que vous donnez est justement un pouvoir magique. Il n'est pas pour vous, mais vous donnez de la magie à quelqu'un d'autre. Vous lui redonnez un espoir de vie. Pour ma part, les donneurs de sang m'ont permis de rester en vie jusqu'à la greffe. Sans que la chimie n'intervienne, votre sang fabrique directement un médicament. C'est quand même fou, non ? 

Photo de Mathias Malzieu par One Heart.

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