La captivité des cétacés : « C’est assez ! »

Par C'est assez !, le 08 juin 2016

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Il existe trois delphinariums en France métropolitaine : le Marineland d’Antibes, le delphinarium du Parc Astérix à Plailly (Picardie) et Planète Sauvage à Port-Saint-Père sur la côte atlantique. Pour amuser le public, ces structures mettent en scène le spectacle de la captivité. Depuis quelques années, certaines associations révèlent la réalité de ce business macabre. A l’occasion de la journée mondiale des océans, lumière sur « C’est assez ! », une association de protection des cétacés luttant notamment contre leur captivité.

A l’origine : les massacres

Chaque année, au Japon, plus de 20 000 dauphins sont massacrés. Pourquoi ? Les Japonais les considèrent comme des nuisibles. Ils les traquent et les tuent. La tuerie se déroule en pleine mer ou dans la baie de Taiji où les animaux sont rabattus à l’aide d’un « mur sonore ». Une fois acculés, les dauphins sont triés. Les plus « beaux » spécimens sont prélevés pour être vendus aux delphinariums du monde entier. Les autres seront trucidés. Leur chair sera vendue dans les marchés locaux, conditionnée en nourriture pour chat ou encore transformée en engrais.

Les survivants sont irrémédiablement traumatisés par ce massacre en règle. La mer, rouge du sang de leurs frères et sœurs, les habille d’un costume de douleur. « « C’est assez ! » organise des happenings pour dénoncer cette pratique horrifiante, explique Christine Grandjean, la fondatrice de l’association. Nous nous allongeons maculés de faux sang sur la place du Trocadéro. Cette initiative a pour but d’interpeler le grand public. Il faut que cela cesse ».

Plusieurs pays organisent également ces massacres. C’est le cas des Iles Féroé, appartenant au royaume du Danemark, qui, chaque année, célèbre le Grindadrap (ou Grind). « Pour les habitants, précise la fondatrice de « C’est assez ! », c’est une journée de fête, une sorte de rite de passage à l’âge adulte ». Des bateaux rabattent des globicéphales (ou baleines-pilotes) par centaines sur les plages. Sur le sable, des harpons, des crochets et des haches les attendent. Le carnage se fait avec le soutien total du gouvernement danois.

Les dauphins ne sont pas les seules victimes de ce genre de pratique. Les orques, quant à elles, sont attrapées au lasso, puis tractées dans des prisons flottantes sur des centaines de kilomètres. Dans le sillage, en cortège blanc et noir, les parents suivent désespérément l’embarcation, jusqu’à épuisement.

Derrière ces tueries, il existe un véritable business de la captivité. « Quand on pense qu’un dauphin peut être vendu jusqu’à 150 000 euros, détaille Christine Grandjean, et une orque près d’un million d’euros, on comprend que le business soit très lucratif. Les dresseurs du monde entier viennent s’approvisionner et entretiennent ainsi les massacres. En Europe, il est, techniquement interdit d’acheter un dauphin né en mer. Cependant, il existe ce que l’on appelle le blanchiment de dauphins. Les cétacés transitent par de très nombreux pays jusqu’à ce que l’on autorise leur venue en Europe ».

La survie en captivité

Un dauphin en liberté est capable de nager plus de 100 kilomètres par jour. Il plonge jusqu’à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Il tisse des liens sociaux très importants avec ses congénères, des liens qui durent tout au long de sa vie. Il ne faut pas être sorcier pour comprendre que la vie en captivité ne peut recréer un environnement susceptible de respecter ses besoins.

Pour dresser un dauphin, les dresseurs utilisent la faim et l’isolement. Ces conditions de vie entrainent une lente agonie des animaux sombrant parfois dans la folie pouvant aller jusqu’au suicide. Pour les maintenir en vie, les soigneurs utilisent des anxiolytiques et des antidépresseurs…

Au sein des delphinariums, les cétacés évoluent dans des eaux salées bourrées de chlore et d’antibiotiques. Ce cocktail explosif entraine chez eux de graves problèmes cutanés, pulmonaires et oculaires. De plus, les espaces clos dans lesquels ils évoluent ne permettent pas de stimulation sensorielle suffisante. Il n’y a rien à explorer, à découvrir. Très vite, les cétacés perdent les sens qui font d’eux des animaux hors norme. Leur sonar, par exemple, devient inutile.

Ce traitement est insupportable. « Les dernières avancées scientifiques démontrent que les cétacés sont des êtres particulièrement intelligents, conscients d’eux-mêmes et dotés de culture », révèle la fondatrice de l’association. Ils sculptent des bulles, honorent leurs morts, s’entraident… Ils évoluent également au sein de structures sociales et familiales très évoluées.

En captivité, ils sont isolés. Lorsqu’ils sont regroupés avec d’autres individus, ils ne les ont pas choisis. Ils ne parlent pas le même dialecte et ne se comprennent pas. La promiscuité les empêche de fuir en cas de conflit. Ces situations engendrent des moments de stress intenses pouvant entrainer des comportements antisociaux. Des attitudes très différentes de celles que l’on rencontre dans la nature. « Une orque en liberté n’a jamais agressé un humain », explique Christine Grandjean. La captivité est contre nature.

Les delphinariums, C’est assez !

En mai 2014, Christine Grandjean crée le collectif « C’est assez ! » dont l’objectif premier est la protection des cétacés. Son ambition est de faire fermer les delphinariums en France. Très vite, ses membres organisent des manifestations au Parc Astérix, au Marineland ou à Planète Sauvage. Petit à petit, la lutte s’organise.

En 2015, le collectif devient une association. Son but est d’informer le public sur les delphinariums, sur les liens entre ces entreprises et les massacres et sur la condition des cétacés plus largement. « La captivité de ces animaux est véritablement obscène car elle joue sur l’amour que les gens ont envers eux », décrypte la fondatrice de l’association.

« Nous travaillons en amont avec des députés comme Laurence Abeille ou Geneviève Gaillard, détaille-t-elle. Notre ambition est aussi de faire changer les choses par le biais législatif. Nous avons également intenté un procès au Marineland pour maltraitance. Dans ce delphinarium, il y a eu cinq décès en 16 mois ! Et ça se reproduira, les bassins sont situés en zone inondable ».

Aujourd’hui, l’association compte une cinquantaine de bénévoles et environ 200 adhérents. Différents groupes s’organisent dans plusieurs villes françaises comme à Lyon  ou à Antibes. « C’est assez ! » a également publié un « Manifeste pour la liberté et le respect des cétacés » signé par de nombreuses personnalités comme Florence Arthaud, Aymeric Caron ou encore Stéphane Bern.

Pour plus de précisions sur les maltraitances infligées aux cétacés, nous ne serions que trop vous recommander deux films : The Cove et Blackfish. Si, vous aussi, vous aimez ces animaux et ne supportez pas de les voir mener en esclavage, soutenez « C’est assez ! ».

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