Food Coop, vous allez adorer faire vos courses !

Par La Louve, le 27 octobre 2016

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Food Coop est un documentaire sur la Park Slope Food Coop, un supermarché coopératif créé en 1973 à Brooklyn. Le concept ? Une coopérative qui permet à ses membres d’acheter pas cher mais très bon grâce un système malin : seuls les membres de la coop peuvent y faire leurs courses, et pour être membre, il faut travailler 2h45 par mois dans le supermarché. Un modèle simple mais efficace, qui a inspiré le projet de coopérative La Louve, sur le point de voir le jour à Paris. Tom Boothe, à l’origine de ces deux projets si étroitement mêlés – le documentaire Food Coop qu’il a réalisé, et la coopérative La Louve qu’il a montée – a accepté de répondre à nos questions. Découvrez son interview en attendant la sortie du film en salles le 2 novembre prochain !

 

One Heart - Comment avez-vous entendu parler de Park Slope Food Coop ?

Tom Boothe - Je suis américain mais je vis depuis longtemps à Paris. Il y a quelques années, alors que je rendais visite à des amis à New-York, je les ai accompagnés faire leurs courses à la Park Slope, dont ils étaient membres. Immédiatement, je me suis dit que je voulais un endroit comme celui-là pour faire mes courses chez moi, à Paris.

O.H. - Comment vous est venue l’envie d’en faire un film ?

T.B. – Ce qui m’a frappé dans le projet de la Park Slope, c’est qu’en plus d’être un BON projet - proposer de bons produits, à bas coûts, et créer en même temps du lien social dans un quartier -, c’est un projet qui MARCHE. J’ai eu envie de faire un film sur Park Slope, et comme c’est sur ce modèle que nous avons conçu notre propre coop, c’était aussi un moyen de communiquer autour de La Louve elle-même. Food Coop est la preuve vivante que ce modèle de supermarché coopératif existe et fonctionne, mais ce n’est pas un outil de marketing : on ne cherche pas à faire du marketing avec la Louve, on cherche plutôt à montrer aux gens comment ça marche concrètement, pour que ceux qui adhèrent à l’esprit puissent se reconnaître. Les deux projets – le documentaire sur la coopérative de Brooklyn, et la coopérative La Louve à Paris – se sont donc construits ensemble.

O.H. - En quoi le modèle de la Park Slope – et celui de la Louve, donc – se démarque-t-il des autres alternatives à grande distribution, telles que les Amap par exemple ?

T.B. - A La Louve, on soutient à fond les Amap : pour leur modèle associatif, pour les circuits courts, pour la qualité des produits. C’est vrai qu’au bout d’un moment, ça veut dire qu’en hiver vous risquez de manger beaucoup de navets ☺ Je pense que ce qu’on veut proposer avec La Louve est complémentaire, car c’est un endroit où vous pourrez faire toutes vos courses – pas seulement alimentaires. L’objectif est de s’adresser à tout le monde, pas seulement aux militants – et pour ça il faut que vous puissiez faire 100 % de vos courses à la coop, que vous puissiez aussi trouver du dentifrice, des éponges, ou des piles… Et la question du prix est essentielle aussi. Pour s’adresser à tout le monde, et pas seulement à ceux qui ont les moyens, il faut que les produits soient accessibles. Le modèle de la coopérative de consommateurs date du 19ème siècle : l’idée de base est de redistribuer aux membres les bénéfices générés par l’activité chaque année. Le modèle de Park Slope et de la Louve, c’est la même chose, mais chaque jour ! On redistribue aux membres de la coopérative en baissant les prix des produits qu’ils achètent.

O.H. - 2h45 de travail pour chaque membre de la coopérative, c’est beaucoup ? C’est peu ?

T.B. - Personnellement, je trouve que c’est assez peu. 2h45, pour moi c’est juste un mauvais film de moins par mois ! Pensez que pour intégrer une crèche parentale, qui est assez proche de notre modèle, vous devez souvent 5h de travail par semaine ! Après c’est une question de taille et d’organisation. A la Louve, par exemple, comme nous sommes au début, nos membres devront travailler 3h par mois. A la Park Slope, durant les premiers mois il n’y avait pas non plus de système de rattrapage quand vous manquiez un service. Du coup, tout le monde décalait ses horaires de service en fonction de son emploi du temps ! Et dès qu’il y avait un concert à Times Square, on ne trouvait plus personne en caisse… C’est pour ça qu’ils ont imaginé le système de rattrapage, pour faciliter l’organisation et continuer d’assurer le fonctionnement de la coop, et surtout les bas prix pratiqués.

O.H. - Quels sont les services les plus réclamés ? les moins populaires ?

T.B. - Je crois que les gens aiment tout faire. Parce que ce qui est important finalement quand vous êtes en service, c’est moins le travail en lui-même que le moment d’échange que vous partagez avec les autres membres. On parle de tâches qui ne sont pas très difficiles à accomplir – caisse, mise en rayon, nettoyage… -, qui laissent l’esprit lire pour discuter avec les autres. Rencontrer de nouvelles personnes, découvrir de nouvelles têtes, tout ça dans la bonne humeur, c’est ça que les gens cherchent quand ils viennent travailler à la coop. A Paris, personne ne se parle dans le métro, il faut recréer du lien social. Grâce à la Louve, vous allez pouvoir faire vos courses et avoir ce lien avec les autres membres, participer à la vie du quartier, rencontrer vos voisins, ça compte énormément.

O.H. – Aujourd’hui, la Park Slope Food Coop compte 17 000 membres. Comment expliquez-vous ce succès ?

T.B. – Pourquoi les gens viennent à la Park Slope ? Pour la qualité des produits, bien sûr, on est de plus en plus nombreux à s’intéresser à ce qu’on mange, et c’est tant mieux ; pour les bas prix aussi, évidemment, ça concerne tout le monde ; mais c’est surtout, à mon avis, pour le lien qui est créé entre les gens. Les gens ont besoin de se rencontrer, de se retrouver, de discuter, au-delà des courses qu’il faut bien faire pour pouvoir manger. Ce que le modèle de la coop permet, c’est de (re)donner aux gens un peu plus de contrôle sur leurs vies : il n’y a pas un chef de la Park Slope, mais 17 000 ! Du coup, les choses évoluent tout le temps, s’améliorent en permanence. Quand les membres ont une envie, un souhait, ils proposent, ils votent, ils avancent. Pour trouver le modèle qui fonctionne, il faut tester, essayer, ne pas avoir peur d’échouer – c’est très américain de dire ça mais les Français aussi savent le faire, contrairement à ce qu’ils pensent souvent !

O.H. – Alors que La Louve est sur le point d’ouvrir ses portes à Paris (nous sommes très impatients !), pouvez-vous nous en dire plus sur le projet ?

T.B. - La Louve, c’est 1 450 m2 au 116 rue des poissonniers, dans le 18ème arrondissement. Nous avons 2 800 membres pour l’instant, et nous pourrons en accueillir jusqu’à 8 ou 9 000 dans ces locaux. Notre équipe de salariés est de 5 ou 6 (l’une d’entre eux va bientôt partir en congés maternité). Notre modèle est très proche de celui de la Park Slope, sauf pour le système de répartition des services : à la Louve, chaque équipe sera libre de définir les tâches à faire au moment du service, vous ne serez pas alloué uniquement à la caisse par exemple. Nous allons ouvrir dans quelques semaines et sommes, nous aussi, très impatients !

O.H. Des adresses à nous conseiller pour s’alimenter local, bio, et de qualité sans faire un trou dans son budget à Paris ?

T.B. Il y a tellement de bonnes adresses à Paris que je ne saurais pas par où commencer ! Il y en a aussi de très mauvaises, mais celles-là je ne vais pas vous en parler ☺ En France, depuis le lancement du projet La Louve, nous avons été contactés par beaucoup de personnes qui voulaient monter un projet similaire à Grenoble avec l’Elefan, à Lille avec SuperQuinQuin, à Montpellier avec La Cagette… Nous avons eu la chance de bénéficier de beaucoup de conseils de la part de la Park Slope pour monter la Louve : nous parlons chaque semaine avec les coordinateurs depuis 3 ans ! Ils sont très généreux, et nous essayons de faire de même avec les autres. Nous transmettons des conseils sur ce que nous connaissons, même si ce qui compte dans ce type de projet, c’est justement que cela vienne des gens, c’est le contraire de l’idée (même bonne) imposée d’en haut. Si c’est la municipalité qui veut mettre en place une coopérative, je n’y crois pas : il faut que ce soient les habitants du quartier qui aient envie, c’est à eux et personne d’autre de choisir leur manière de faire. 

 

Food Coop, le film, sort en salles mercredi 2 Novembre 2016

Retrouvez en bas d'article la liste des coopératives montées sur le modèle de la Park Slope dans toute la France

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