Ancien alcoolique, il sensibilise les jeunes aux dégâts de l'alcool

Par l'équipe Oneheart, le 28 décembre 2020
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Baptise est jeune, beau et charmant. Sa vie, son physique auraient pu être beaucoup plus sombres s’il n’avait pas décidé de sortir de l’alcoolisme dans lequel il avait plongé si jeune, à 15 ans. Aujourd’hui abstinent depuis 5 ans, il sensibilise les jeunes aux risques de l’alcoolisme et accompagne ceux qui essaient de s’en sortir. Il s’est confié devant la caméra et le micro de OneHeart.

L’alcoolisme peut commencer très jeune

Baptiste nous explique qu’il a un profil sensible aux addictions : exubérant, construit à l’opposé de son frère jumeau, plus cérébral. L’alcool est, dès 15 ans, un échappatoire qui lui permet de fuir un monde qu’il trouve morose et qui ne lui convient pas. Les effets de l’alcool lui permettent de retrouver ses états d’enfance. Il endosse alors le rôle de celui qui pousse les limites toujours plus loin, qui fait son show. Baptiste pense que le personnage qu’il devient sous les effets de l’alcool possède tous les atouts par ses amis. Cette personne est pourtant à l’opposé du Baptiste qui est sobre, sensible et qui a besoin d’amour.

Au début il ne boit que les week-end, puis il se crée d’autres moments festifs, la semaine, seul, commence à boire plus tôt. À 17 ans déjà, il lui faut toujours plus d’alcool et les lendemains de soirées riment avec déprime. La mort de son père précipite sa descente aux enfers. Le cadre n’est plus là. Il sort 4 fois par semaine dans des discothèques et se réveille en pleine nuit entre deux voitures, sans portable, sans manteau, sans son porte-feuille, chez des personnes qu’il ne connait pas, en dehors de Paris, sans même savoir comment il est arrivé là. 

Il arrive ensuite au stade de symptômes addictifs très forts : tremblements, gueules de bois mortifères, crises d’angoisse. Le seul remède qu’il trouve face à cela : boire encore plus. L’alcool devient à la fois un anxiolytique et un booster. Il doit boire avant de voir ses amis, de dormir ou même de faire du sport.

Il finit par prendre conscience de son état et voit alors des médecins et addictologues, mais il a du mal à envisager une vie sans alcool. Il le fait alors pour les autres et non pour lui. Il s’enfonce alors encore plus dans la solitude, ment aux autres et se cache pour boire jusqu’au jour où, après plusieurs nuits de sorties et d’alcool, il reçoit à son réveil la visite de sa mère, dans sa chambre. Elle lui avoue le voir en souffrance et lui parle des Alcooliques Anonymes. Ce même jour il reçoit une lettre de ses amis s’inquiétant pour lui. Il a alors le sentiment qu’on perçoit ses douleurs et son besoin d’amour. Ces deux preuves d’amour servent de déclic. Il commence le lendemain les réunions des Alcooliques Anonymes

 

L’alcoolisme, une maladie qui peut toucher tout le monde

Un des messages que Baptiste veut faire passer est qu’il n’y a pas d’âge, ni de milieu social pour l’alcoolisme. Pas besoin d’avoir tout perdu, d’être chômeur, sans domicile ou âgé, on peut avoir moins de 20 ans et être alcoolique. Il explique à ce sujet le déni, de sa part bien-sûr, mais aussi de ses proches jusqu‘à sa mère qui pense juste à une phase de l’adolescence.

Baptiste explique le danger de l’alcool festif. Réussir à avoir une vie sociale sans alcool dans un monde entouré d’alcool peut être compliqué pour certains. Il est difficile de refuser de boire. Le "binge drinking" ou l'alcoolisation rapide est devenu pour de nombreux jeunes indissociable de l'idée de fête. Oser dire « non » à l’alcool est une forme de courage.

L’alcoolisme est une maladie et non juste un jeu avec l’alcool. Cette maladie cache une hypersensibilité, une solitude, un mal-être. Elle n’a pas de rapport avec la fréquence et la quantité, c’est plus un rapport malsain entretenu avec l’alcool.

Comme de nombreuses maladies, si elle est bien prise en charge, on peut en guérir. Les Alcooliques Anonymes ont sauvé Baptiste. Ces groupes de parole lui ont permis des échanges, d’être compris, de ne plus être isolé. Il se libérait d’un poids énorme en parlant. Il y a trouvé beaucoup de bienveillance et des raisons pour continuer son combat. D’autres associations d’aide aux personnes alcooliques existent : les Narcotiques Anonymes, Vie Libre, ou l’Association des Patients Experts en Addictologie dont Baptiste fait aujourd’hui partie.

Compte intagram de Baptiste Mulliez - Photo "avant/après" alcoolisme

Sensibiliser les jeunes à la dépendance de l’alcool

La consommation excessive d'alcool chez les jeunes des moins de 20 ans laisse des traces, notamment des dysfonctionnements cognitifs durables. Conscient de ces dégâts, le but de Baptiste est d’aider les autres à vaincre l’alcoolisme ou de les sensibiliser en amont pour ne pas tomber dedans. « J'essaye d'être la personne que j'aurais aimé croiser quand j'étais au plus mal » nous confie-t-il.

Son livre co-ecrit avec Judith Lossmann et intitulé « D’avoir trop trinqué ma vie s'est arrêtée », est l’un des ses outils de sensibilisation. Il y explique comment l’alcoolisme l’a empêché de vivre : « Je n’avais plus d’intérêt dans mes études, les liens sociaux étaient réduits au néant, j’étais un être en souffrance ». Mais il y parle aussi de sa reconstruction nécessaire à une abstinence durable.

Baptiste a par ailleurs suivi une formation Patient-Expert Addictologie à l’hôpital Bichat. Le Patient Expert est une personne atteinte d’une maladie qui a développé, au fil du temps, une connaissance fine de celle-ci et a appris à vivre avec. Son expérience associée à sa formation diplômante lui donnent également la capacité d'accompagner d’autres personnes atteintes de la même maladie. C’est donc le cas de Baptiste, devenu membre de l’Association des Patients Experts en Addictologie, qui aide des malades et intervient dans des cures de désintoxication. 

À travers son compte Instagram, il évoque son parcours, il y poste des photos anciennes de lui saoul, dans un état pitoyable et y ajoute en opposition des photos de lui aujourd’hui, resplendissant et sobre. « La sobriété m’a ouvert une voie. Je suis maintenant convaincu d'avoir ma place dans ce monde que je fuyais » avoue-t-il.

« Mon envie de me mettre au service des autres est devenu un besoin » conclue-t il. Un besoin tellement plus vertueux que celui de boire.

 

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