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Que vont devenir les 25 000 m2 de tissus utilisés pour envelopper l'Arc de Triomphe ?

Publié le 24 septembre 2021 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h55)
Par One Heart
Temps de lecture : 3 mins

À Paris, l’empaquetage de l’Arc de Triomphe imaginé par l’artiste Christo fait beaucoup parler de lui. Qu’on apprécie l’oeuvre ou non, on peut se questionner, face à la quantité de matière utilisée, sur la provenance de celle-ci et sur sa réutilisation. C’est ce que nous avons fait en tentant d’y répondre.

 

L’empaquetage de l’Arc de Triomphe - tout ce qu’il faut savoir

Depuis le 18 septembre et ce jusqu'au 3 octobre, l'Arc de Triomphe est empaqueté dans 25 000 m2 de tissu en polypropylène (ndlr. matière plastique) argent bleuté et ceinturé avec 3 000 mètres de corde en polypropylène rouge. Il est important de dire que, contrairement à ce qu’on a pu lire ou entendre, le projet est entièrement autofinancé grâce à la vente d'œuvres originales de Christo. Comme tous les projets de Christo et Jeanne-Claude sa femme, il ne bénéficie d’aucun autre financement public ou privé

En 1961, Christo conçoit le projet d’empaqueter l’Arc de Triomphe. Il réalise quelques temps plus tard un photomontage avec "L’Arc de Triomphe, Wrapped", vu depuis l’avenue Foch, puis un collage, avant de reprendre et développer ce projet à partir de 2017. Soixante ans plus tard, il est enfin concrétisé. Christo a approuvé chaque aspect visuel de ce projet. D’une certaine manière, cette oeuvre est un hommage à Christo (décédé en 2020) et Jeanne- Claude, ainsi qu'à leurs réalisations à Paris où ils se sont rencontrés il y a plus de 60 ans. 

Afin de permettre aux visiteurs de profiter de l’œuvre éphemère du 18 septembre au 3 octobre, la place de l’Étoile est réservée aux piétons durant les trois week-ends de sa présentation au public. Les cérémonies quotidiennes du ravivage de la Flamme de la Nation devant la tombe du Soldat Inconnu et les hommages sont maintenues sans perturbation. 

Comme beaucoup de critiques ont été émises sur différents aspects de l’empaquetage, il nous semblait important de commencer par clarifier tous ces points avant d'aborder la question des matériaux utilisés et de leur réemploi !

projet empaquetage arc de triomphePhotomontage de Christo 1962–1963 © 1963 Christo and Jeanne- Claude Foundation 


25 marques et acteurs de l'upcycling en France imaginent une seconde vie à l'oeuvre de Christo et Jeanne-Claude

Notons tout d’abord qu’il est possible d’approcher gratuitement et librement l'oeuvre jusqu’à pouvoir la toucher. « Rendre leur art gratuit et accessible à toutes et tous, a toujours été essentiel aux yeux de Christo et Jeanne-Claude », indique Vladimir Yavachev, directeur du projet de L’Arc de Triomphe, Wrapped. Par ailleurs, plus de 300 médiateurs, sont présents sur place, pour répondre aux questions des visiteurs mais aussi remettre un échantillon du tissu à celles et à ceux qui le souhaitent. Ce n’est cependant pas ainsi que les 25 000 m2 de tissu vont être utilisés. 

Plus de 25 marques (dont Bilum, Le Slip français, 1083, Hast, Sakina M'sa, Les Récupérables...) et acteurs de l’upcycling made in France, ont constitué un collectif pour imaginer une seconde vie au tissu de l’arc de triomphe empaqueté. Ils ont créé le hashtag  #Unwrapping (ndlr. en français, déballer) dans le but d’interpeller et recueillir des idées créatives et utiles pour revaloriser ces 25 000m2 de polypropylène !

 

Des idées créatives pour revaloriser 25 000 m2 de tissus et de cordes

La page Facebook de Bilum, l’une des marques d’upcycling et membre du collectif, est alimentée par des commentaires imaginatifs. Le tissu utilisé pour empaqueter l'Arc de Triomphe pourrait par exemple, servir à la confection de milliers de drapeaux blancs en guise de signe de paix lors d'un grand événement sportif comme les JO, à la fabrication de tentes ou d'abris pour ceux qui en ont besoin. Ils songent également à créer des sacs style tote bags qui seraient vendus au profit d'une association. Le tissu et le cordage sont des matériaux utilisés dans l’industrie, peut-être seront-ils réutilisés dans ce domaine-là.

Malheureusement, pour l’instant, le service presse en charge de la communication du projet de l’Arc de Triomphe empaqueté nous indique qu’aucune décision n’a été prise. La vente des matériaux sur le marché de l’art n’est pas non plus une option retenue aujourd’hui, les organisateurs du projet ne veulent pas qu'il y ait monétisation.

Espérons que l’idée retenue soit vertueuse car il serait dommage que cet art "populaire" devienne impopulaire pour cause de production de déchets inutiles.

 

Par Anne-Sophie de Monès