Plaxtil, l’entreprise qui recycle les masques chirurgicaux en kits de géométrie

Publié le 17 novembre 2021 (modifié le 23 novembre 2021 à 10h30)
Par Julie Marie
Temps de lecture : 3 mins
Depuis le début de l’épidémie de Coronavirus, les masques chirurgicaux que nous portons chaque jour constituent une énorme source de pollution. Pour remédier à ce fléau, plusieurs initiatives émergent afin de les intégrer dans un système plus vertueux d’économie circulaire, plutôt que de les incinérer. Olivier Civil a cofondé Plaxtil, la première entreprise française à avoir eu l'idée de donner une seconde vie aux masques pour en faire des kits de géométrie.

20 masques recyclés pour fabriquer une équerre

Lorsqu'elle voit le jour en 2017, la start-up Plaxtil n'a qu'une ambition : s'attaquer à la fast fashion. Ses deux fondateurs, Jean-Marc Neveu et Olivier Civil, souhaitent trouver une solution aux déchets textiles dont personne ne sait que faire. Mais Plaxtil a dû s'adapter devant l’arrivée imprévue d’une nouvelle source de déchets : les masques chirurgicaux. L’entreprise a donc mis au point en juin 2020, un processus pour recycler cette matière gratuite et abondante. Ils ont d'abord commencé par délisser les masques (ôter la barre métallique) avant de les désinfecter, pour finalement les transformer en un polymère, sous forme de granulés, qui remplace le plastique.

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Le délissage de masques chirurgicaux dans l'usine de Châtellerault ©Plaxtil

Selon Olivier, ce sont des “centaines de millions de tonnes de déchets chaque année qui ne sont pas recyclés”. Lui et Jean-Marc Neveu ont donc lancé à Châtellerault (Nouvelle-Aquitaine), une solution de recyclage afin de transformer les masques en divers objets, dont certains qui ne passent pas inaperçus. Plaxtil propose entre autres un "kit scolaire" composé d’une règle, d’une équerre et d’un rapporteur, tous fabriqués à partir de masques recyclés. 20 masques sont ainsi nécessaires pour fabriquer l'un de ces éléments. Le choix de matériel de géométrie n’est pas anodin : il s’adresse directement aux jeunes générations et les éduque aux principes d'économie circulaire, de valorisation des déchets, d’écologie. Il s’agit en plus de tout cela, d’objets pédagogiques et utiles. Après un succès fulgurant à Poitiers, le kit de géométrie rejoint progressivement les bancs des écoles. Depuis le début de l'opération, 50 000 kits scolaires ont été distribués en France.


Un succès fulgurant en France

Grâce à Plaxtil, on estime aujourd’hui qu’il y a eu entre 15 et 20 millions de masques recyclés” en un an. Il est désormais possible de déposer ses masques usagés dans une des boîtes de collecte mises à disposition par l'entreprise, sur plus de 70 territoires français.

En effet, ce projet inscrit dans une économie circulaire, a déjà séduit beaucoup de collectivités en France comme par exemple la commune de Saint-Jory, au nord de Toulouse, où plus de 20 000 masques usagés ont été collectés en quelques mois. La société Plaxtil s'est ensuite chargée de les réutiliser pour fabriquer des règles, des équerres et des rapporteurs à destination des élèves de la municipalité. Plaxtil propose aux particuliers, aux entreprises ou encore aux associations de commander leur borne de collecte de masques jetables.

Plus de 50 000 kits scolaires ont pu être distribués en France depuis le début de l’opération, pour le bonheur des jeunes qui en ont bénéficié. “Chaque ville où il y a eu des distributions de kits, ça a été un grand succès et les gens étaient heureux. Nous en avons été ravis” confie Olivier Civil.

 

L'économie circulaire, une solution d'avenir

Au-delà des kits de géométrie confectionnés pour les écoles, Plaxtil mène un réel travail de sensibilisation autour de l'économie circulaire. « Nous sommes vraiment sur une logique d’économie circulaire : on essaie de montrer que c’est viable, et surtout que c’est la seule voie qui s’ouvre à nous aujourd’hui pour continuer de vivre comme on vit en arrêtant de polluer comme on pollue maintenant », indique le cofondateur de Plaxtil.

En effet, l’entreprise ne compte pas s’arrêter là : Plaxtil a déjà mis en place d’autres actions spécialisées autour des déchets considérés comme "ultimes", c’est-à-dire qui n’ont à priori aucune solution de recyclage. Ils ont par exemple, avec la marque de prêt-à-porter Kiabi, créé le "cintre recyclé et recyclable à l'infini" fabriqué à partir de textiles non recyclables. De plus, Plaxtil ne manque pas de s'adapter aux saisons : l’été dernier, elle a fabriqué des cendriers de poche pour préserver le littoral, fabriqués eux aussi à partir de masques recyclés, et proposera pour les fêtes de fin d'année, la “boîte qui recycle pour Noël”. Affaire à suivre donc...