Maxime de Rostolan, le nouveau souffle de l’agriculture française

Publié le 12 avril 2016 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h54)
Par Fermes d'Avenir 2017
Temps de lecture : 4 mins

Nous recevons cette semaine Maxime de Rostolan, fondateur de Blue Bees, la plateforme de financement participatif dédiée aux projets d’agriculture et d’alimentation écologiques, et directeur de l’association Fermes d’Avenir, un projet visant à promouvoir un nouveau modèle d’agriculture.

C’est particulièrement honorés que nous avons pu élaborer l’actualité de la semaine en compagnie de Maxime de Rostolan, défenseur et fer-de-lance de l’agroécologie en France.

Un engagement écologiste de longue date

« Après des études d’ingénieur et une spécialisation sur la question de l’eau, évoque Maxime de Rostolan, je suis parti avec quelques amis pour le projet Eaudela, un tour du monde sur le thème de l’eau. L’objectif était de sensibiliser les élèves de plus de 35 pays aux problématiques liées à cette ressource vitale.

A la fin du voyage, j’ai souhaité m’installer au Brésil, mais je me suis rendu compte que ce pays avait 30 ou 40 ans de retard sur les questions écologiques par rapport à la France. Je suis donc revenu vivre dans mon pays natal ».

Revenir en France d’accord, mais pour y faire quoi ? « Je voulais relier le social et l’économie, précise l’ingénieur. Pouvoir répondre à la question qu’on me posait souvent : « c’est bien beau de vouloir sauver les ours polaires, mais qu’est-ce que vous faites pour les gens qui crèvent dans la rue ? » ».

La naissance de Blue Bees

En 2007, en parallèle à son travail chez Deyrolle pour l’Avenir, Maxime de Rostolan commence à réfléchir à la création d’une plateforme de finance participative destinée à accompagner des projets ayant un fort impact social. « L’ambition était de ne pas passer par les banques, souvent réticentes », détaille-t-il.

En 2012, le projet prend vie avec la naissance de Blue Bees. Désormais réservé à l’agroécologie, cette plateforme de financement participatif met en avant et facilite la réalisation de projets œuvrant pour une agriculture et une alimentation durables, c’est-à-dire écologiques, viables économiquement, source d’emplois et de liens sociaux sur les territoires.

« A l’époque de la création de Blue Bees, ma sœur dirigeait Terre de Liens en Normandie, se souvient Maxime de Rostolan. J’ai commencé à m’intéresser aux questions de biomimétisme et d’agroécologie. Je me suis mis à visiter beaucoup de fermes pour comprendre les enjeux se cachant derrière ces problématiques. »

Des milliers de fermes pour l’avenir

C’est en découvrant l’une d’entre elles, la ferme biologique du Bec Hellouin, que le fondateur de Blue Bees a pris conscience de la nécessité de travailler à la réplicabilité de ce « jardin d’Eden ». « En 2013, j’ai créé l’association Fermes d’Avenir, explique-t-il, un projet sociétal pour promouvoir un nouveau modèle d’agriculture, basé sur les principes de l’agroécologie et en phase avec le contexte socio-économique actuel ».

La phase la plus importante dans ce genre de projet, c’est la création de la ferme. « Combien ça coûte, combien de temps ça prend… Pour répondre à ces questions, indique Maxime de Rostolan, nous avons créé une microferme expérimentale en Touraine, à Montlouis-sur-Loire, sur le domaine du « prince jardinier » Louis-Albert de Broglie, mon employeur chez Deyrolle.

Nous relevons tous les chiffres utiles pour analyser notre modèle (temps de travail, investissement, rendements…). Ils sont ensuite transmis à un chercheur de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) pour analyse.

Nous avons également créé une « boîte à outils » en libre accès sur notre site Internet. Les fermiers, ou simples jardiniers, peuvent y trouver des conseils et des bonnes pratiques pour améliorer leurs moyens de production.

Nous souhaitons prouver que cette agriculture est plus rentable et plus économique. L’ambition est de créer une conjoncture favorable à la réplicabilité de ce genre de fermes. Pour ce faire, nous souhaitons former des « payculteurs », des entrepreneurs du territoire, capables de bâtir un écosystème de petites fermes agroécologiques en quasi autonomie, permettant ainsi de rationaliser les coûts ».

Un projet à grande échelle

A l’horizon 2020, Fermes d’Avenir a pour ambition de créer 200 000 emplois. Cela passera par la formation de 5 000 payculteurs, qui fonderont 50 000 fermes.

« Nous lançons notre première session de formation avec 10 ou 20 futurs payculteurs en septembre 2016, détaille le directeur de l’association. Nous souhaitons que les participants à cette première promotion deviennent, en quelque sorte, nos ambassadeurs.

Nous relançons également le concours Fermes d’Avenir. Entre 10 et 20 porteurs de projets dans l’agroécologie se partageront 500 000 euros de prêt à taux zéro ».

Pour donner un nouveau souffle à un secteur toujours plus moribond, l’association Fermes d’Avenir est en train de créer un nouveau modèle d’agriculture, réplicable, rentable et écologiquement résilient.

Maxime de Rostolan, proche de Nicolas Hulot, rédigera d’ici la fin de l’année avec son équipe une proposition de loi pour le président de la Fondation pour la Nature et l’Homme, sur les questions des baux agricoles, du fermage, des techniques agricoles et des circuits courts, ou encore de la restauration collective.

Mais le créateur de Fermes d’Avenir rappelle que « l’initiative dépasse largement l’enjeu de la présidentielle 2017. L’ambition de l’association n’est pas de bâtir un programme électoral, mais un véritable projet de société ».

L'association

Fermes d'Avenir 2017

Fermes d'Avenir 2017

La problématique



La solution



Les actions


Nous souhaitons donner au plus grand nombre l’envie et les moyens de lancer leur propre projet agricole, écologique et rentable.
Notre démarche touchera en particulier les agriculteurs souhaitant effectuer leur transition, les citadins souhaitant lancer une activité de maraîchage, et les propriétaires fonciers soucieux de valoriser une partie de leurs terres…

L’objectif principal est de montrer qu’il est possible, sur un hectare, de créer un emploi pérenne en maraîchage biologique.

Dans un premier temps, notre défi est donc de créer une microferme exemplaire, en maraîchage, s’inspirant de la permaculture et de l’ensemble des techniques efficaces de l’agro-écologie.
Cette expérimentation nous permettra de réaliser une boîte à outils, en ligne, véritable source d’informations pour reproduire une telle ferme. La France a perdu 1,5 millions de fermes en 50 ans, il nous semble tout à fait réaliste d’imaginer en re-créer 200.000 dans les 20 ans qui viennent, créant ainsi des emplois redynamisant les territoires, et répondant à un réel besoin de la population : se nourrir, bien.

Le second objectif est de sensibiliser et d’informer, de former des maraîchers.
Pour sensibiliser, nous créerons une grille d’indicateurs, économiques, écologiques, sanitaires et sociaux. Ils permettront d’avoir une lecture rapide et précise des impacts que peut avoir le choix de tel ou tel mode d’agriculture.

Le troisième objectif, plus ambitieux et à long terme, est de construire, avec les politiques publiques nationales et territoriales, un nouveau modèle, au centre duquel se retrouveraient, en symbiose, l’humain et la nature, mais sans oublier les réalités économiques et sociétales.
Dès à présent, nous réunissons autour de ce projet de nombreux représentants des institutions, et travaillons notamment avec plusieurs Ministères dont les centres d’intérêt rejoignent les nôtres : l’agriculture, l’écologie, la santé, l’éducation, mais aussi l’emploi et le budget.