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Les cinq mesures phares pour lutter contre la maltraitance des enfants

Publié le 1 mars 2017 (modifié le 12 mars 2019 à 17h32)
Par One Heart
Temps de lecture : 3 mins

Ce mercredi, Laurence Rossignol, ministre de la Famille, présente le premier plan de mobilisation et de lutte destiné à mieux protéger les enfants contre toutes formes de violences. Voici les cinq principales mesures.

Kenzo, Yanis, Tony… Depuis le début de l'année, neuf drames d’enfants ayant trouvé la mort à la suite de violences infligées par leurs parents ou beaux-parents ont secoué la France. Mais au-delà de ces cas très médiatisés, le phénomène de la maltraitance des enfants est largement sous-estimé en France. C’est donc pour enrayer ce phénomène de l'ombre que le gouvernement présente ce mercredi après-midi le premier plan de lutte contre les violences faites aux enfants. 

 "On est ému par les drames, incontestablement trop nombreux, mais ce n'est pas la plus grande masse des violences faites aux enfants. Le vrai sujet, c'est le quotidien de milliers d'enfants qui en sont victimes, qu'on ne décèle pas, ou qu'on tait car on ne sait pas à qui le dire", a expliqué Laurence Rossignol, ministre de la Famille, lors d'une présentation à la presse. 

Quelles sont les cinq mesures majeures déployées ? One Heart fait le point.

1. Rappeler l'importance du 119

Une campagne de communication avec Bruno Solo est lancée ce mercredi pour faire connaître le 119, le numéro d'appel d'Allô enfance en danger. Le slogan "Au moindre doute, agissez" sera notamment relayé dans les prochains jours à la télévision et sur internet. Pour rappel, le numéro est gratuit, anonyme, ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Par ailleurs, le 119 et le 3919, numéro des femmes victimes de violences vont donc être rapprochés. Une convention va être signée entre les deux numéros. Un système de bascule des appels entre les deux numéros sera mis en place. 

2. Mieux former les professionnels

Des médecins référents seront nommés dès mars 2017, sur la base du volontariat, dans tous les hôpitaux afin de mener des sessions de sensibilisation. Ces médecins seront également formés aux procédures de signalement lors d'une journée organisée par le ministère des Affaires sociales pendant le premier semestre 2018.

Les professionnels au contact des enfants (enseignants, soignants, travailleurs sociaux, magistrats, policiers...) seront également formés à l'impact des violences au sein du couple sur les enfants.

3. Promouvoir une éducation bienveillante 

Le livret "première naissance", envoyé au 5e mois de grossesse et contenant des repères essentiels sur les droits de l'enfant et l'éducation non violente, va être actualisé. Seront intégrées la prévention du syndrome du bébé secoué, les conséquences des violences sur l'enfant, et la limitation du temps passé devant les écrans chez les tout-petits.

En mars, les parents d'adolescents recevront un autre livret (dès 11 ans), pour les aider à traverser ensemble cette période. 

4. Améliorer le recueil de la parole des victimes

Le plan du ministère souhaite "développer" sur le territoire les unités d'assistance à l'audition pédiatrique de l'enfance en danger. Ces unités permettent de recueillir la parole de l'enfant dans les meilleures conditions possibles pour lui et pour l’enquête, où interviennent médecins, infirmiers, psychologues, éducateurs, assistants sociaux et enquêteurs.

5. Mieux recenser les cas de maltraitances

En janvier 2016, le Comité des droits de l'enfant des Nations unies avait déploré l'absence de statistiques officielles relatives aux violences faites aux enfants. Le gouvernement veut ainsi publier tous les ans un recensement des enfants morts à la suite de violences intrafamiliales. Des données existent, mais sont trop éparpillées et incomplètes. 

Le ministère espère également que la diffusion du nombre d'homicides d'enfants éveillera les consciences concernant ce sujet. Un comité national d'experts sera chargé d'identifier les décès liés à la violence et de les transmettre à l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE), qui diffusera les chiffres.