Le Sénat s’accorde sur la fermeture définitive des delphinariums d’ici 5 ans

Publié le 26 octobre 2021 (modifié le 30 octobre 2021 à 08h06)
Par Mélanie Appadoo
Temps de lecture : 2 mins
C’est une victoire pour les associations de défense animale : les sénateurs et les députés sont parvenus à un point d’entente le 21 octobre dans le cadre de la loi contre la maltraitance animale. Parmi les principaux points abordés : la fermeture des delphinariums. Si l’Assemblée nationale vote pour, ces derniers fermeront définitivement leurs portes dans un délai de 5 ans. Certains imaginent déjà les delphinariums du futur.

Une décision qualifiée d’"historique" par l’association C’est Assez !

Voilà six ans que l’association C’est Assez ! dénonce les conditions de vie des cétacés dans les parcs aquatiques et se bat pour faire évoluer la législation autour de cette industrie lucrative. Tenus en captivité, enfermés dans des bassins, forcés d’obéir et de réaliser des figures en échange de nourriture… tels sont quelques traitements infligés aux dauphins et orques dans les delphinariums. Le 21 octobre, après moult débats et discussions, les sénateurs et députés sont parvenus à un consensus : mettre un terme aux delphinariums en France dans un délai de 5 ans. C’est Assez ! n’a pas manqué d’exprimer sa joie et ses espoirs sur sa page Facebook : « La reproduction, les spectacles et le maintien de cétacés en bassin seront INTERDITS dans un délai de 5 ans. 5 ans pendant lesquels nous espérons ne pas voir d’autres drames liés aux naissances en captivité. » Mais pour l'association, ce n'est pas le moment de relâcher les efforts, il importe de surveiller de près les sanctuaires, refuges et centres de soin :

 

 

Si la nouvelle a été bien accueillie du côté des associations de défense animale, d’autres sont mitigés et attendent plus de clarifications sur le texte. Pour le parc animalier Planète Sauvage situé à Port-Saint-Père en Loire-Atlantique, « les parcs zoologiques ont une vraie utilité » et permettent aux scientifiques de mener à bien leurs recherches et mieux comprendre le comportement des cétacés. « Planète sauvage est un parc zoologique qui sert aussi à observer, à étudier les dauphins. Nous attendons d’en savoir plus. D’ici là nous allons poursuivre nos études » indique Martin Boÿe, responsable scientifique, au micro de Ouest France.

Les dauphins robot, l’avenir des parcs aquatiques ?

Outre-Atlantique, la société américaine Edge Innovations conçoit des dauphins animatroniques (similaires aux créatures animées et robotisées présentes dans les parcs d’attraction) pour remplacer les cétacés dans les delphinariums. S’apparentant à de vrais dauphins, ces derniers sont également capables de reproduire les comportements des mammifères sur commande. En effet, les moindres mouvements et mimiques du dauphin sont gérés à distance, donnant ainsi l’illusion qu'ils peuvent interagir avec les humains. « Notre rêve est de réinventer l'industrie des parcs marins et de changer l'avenir de ces animaux sociaux, intelligents et en voie de disparition. En utilisant nos dauphins robots, notre narration et notre expérience de conception, nous pouvons mettre fin à leur vie en captivité ! »  indique la société californienne.

L’innovation a été saluée par l’ONG PETA États-Unis (Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux) qui a même décerné le Prix de l’Innovation pour les Animaux aux deux créateurs, Roger Holzberg et Walt Conti. La première attraction avec le dauphin robotisé est prévue pour l’été 2022. Pour C'est Assez !, il s'agit également d'une initiative prometteuse : « Ce dauphin animatronique est porteur d’un message d’espoir. Plus de dilemme éthique, plus de captures, plus de reproduction en captivité, plus de chantage à la nourriture, plus de maladies, plus de décès dans les bassins ! ».