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Le prix Nobel de la paix décerné à deux journalistes, une première historique

Publié le 13 octobre 2021 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h56)
Par Mélanie Appadoo
Temps de lecture : 2 mins
Elle est originaire des Philippines, lui vient de Russie : Maria Ressa et Dmitri Mouratov sont journalistes et ont reçu, le 8 octobre dernier, le prix Nobel de la paix. C’est la première fois qu’un tel prix récompense des journalistes qui s’engagent corps et âme à défendre la liberté de la presse, restreinte dans 73 % des pays du monde selon Reporters sans Frontières.

La liberté de la presse entravée dans 73 % des pays du monde 


Depuis 1985, l’ONG Reporters sans Frontières défend le droit d’informer et d’être informé partout dans le monde. Dans son dernier Classement mondial de la liberté de la presse réalisé en avril 2021, elle évalue "le degré de liberté dont jouissent les journalistes" - principal critère d’évaluation - dans 180 pays du monde. Il s’avère que la liberté de la presse est mise à mal dans 73 % des pays examinés. En effet, 52 pays sont sur liste rouge et 21 sur liste noire, il s’agit précisément des régions où l’exercice de la profession de journalisme est dans une "situation difficile" voire "très grave". Trois pays nordiques arrivent en tête du classement : la Finlande, la Suède et la Norvège qui occupe, pour la 5e année consécutive, la première place. Le Turkménistan situé en Asie centrale, la Corée du Nord et l’Erythrée située en Afrique de l’Est font quant à eux, partie des pays où la liberté de la presse est fortement bafouée.

Comme le démontre l’étude réalisée par Reporters sans Frontières, la liberté de la presse est toujours menacée par la répression, la censure et la propagande… C'est le cas par exemple, du journaliste Olivier Dubois qui est retenu en otage depuis six mois, dans le nord du Mali pour avoir exercé son métier de journaliste. Des banderoles à l’effigie du journaliste français ont été disposées sur le parvis des mairies d’une douzaine de villes françaises, depuis le 8 octobre, à la demande de Reporters sans Frontières. 

 

Récompensés pour "leur combat courageux pour la liberté d’expression"


Dans leur pays respectif, la Philippine Maria Ressa et le Russe Dmitri Mouratov, n’ont pas hésité à se mobiliser pour que la liberté de la presse soit respectée. En 2012, Maria Ressa co-fonde le média Rappler et dénonce le régime du président philippin Rodrigo Duterte ainsi que les violences liées à sa campagne antidrogue qui a causé la mort de 27 000 personnes. Pour elle, ce prix qui vient de lui être décerné n’est pas uniquement le sien, mais celui de "tous les journalistes du monde" a-t-elle déclaré à l’AFP. Depuis 28 ans, Dmitri Mouratov se bat lui aussi pour la protection des journalistes à travers son journal Novaïa Gazeta dans lequel il publie des informations d’intérêt public et des articles d’investigation très décriés. Il s’attire malheureusement régulièrement les foudres des autorités. Six de ses collaborateurs ont ainsi perdu la vie depuis la création du journal en 1993. Au micro de l’AFP, il a annoncé dédier ce prix à "ceux qui sont morts en défendant le droit des gens à la liberté d'expression".