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Jeux olympiques 2024 : le permis de construire d'une piscine olympique à Aubervilliers a été suspendu

Publié le 28 septembre 2021 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h55)
Par One Heart
Temps de lecture : 3 mins

Empiétant sur une partie des jardins ouvriers d’Aubervilliers, le projet de construction d'un bassin d'entraînement aquatique pour les Jeux olympiques de 2024 à Paris, fait débat. Son permis de construire a été suspendu par la Cour administrative d’appel de Paris le 20 septembre 2021.

 

Un bassin olympique intégré dans un vaste centre aquatique 

Le bassin aquatique prévu à Aubervilliers est d'abord destiné à l'entraînement des athlètes des Jeux olympiques en 2024 puis à la pratique de sports aquatiques pour le grand public. Alors que la ville ne dispose aujourd’hui que d’une seule piscine pour près de 90 000 habitants, la maire d’Aubervilliers, Karine Franclet, voit dans cette construction "un équipement public utile pour les habitants, alors que 60 % des enfants de Seine-Saint-Denis ne savent pas nager à leur entrée en sixième, notamment faute d’infrastructures suffisantes" .

Le bassin d’entraînement s’intègre dans une vaste installation de centre aquatique. Sur son site, l’agence Chabanne, en charge de l’architecture du centre, donne les détails suivants sur les installations prévues : "Le centre aquatique intègrera également un espace de fitness et de cardio-training ainsi qu’un village finlandais comportant saunas et hammams, pour une offre de détente sportive complète. Des espaces de plages végétales et minérales orientés plein sud, comme le jardin "solarium", permettront au public de profiter du soleil. Le projet prévoit également l’aménagement d’une vaste terrasse paysagée de 700 m² en toiture de l’édifice".

L’installation s'élevant à 33 millions d'euros, dont un tiers financé par Solideo (la société chargée de livrer les ouvrages pour les Jeux olympiques de 2024), est aujourd'hui fortement contestée par des riverains, des jardiniers et deux associations de défense de l’environnement car le projet empiète sur une partie des jardins ouvriers de la ville.

 

Une victoire pour les défenseurs des jardins ouvriers d'Aubervilliers 

Pour protester contre le projet de construction du solarium rattaché à la piscine olympique, un collectif appelé "Sauvons les jardins ouvriers d’Aubervilliers" s’est constitué et une page Facebook du même nom a été créée. Des militants écologistes, des « Jadistes » (Jardins à défendre), ont occupé le site pendant près de 4 mois jusqu’à leur évacuation tout début septembre.

Le projet doit rogner 4 000 m² des 2,5 hectares des jardins ouvriers des Vertus, enclave verte centenaire d’Aubervilliers. Au-delà des parcelles de jardin déjà détruites par le début des travaux, il est reproché à ce potentiel aménagement de ne pas respecter certaines règles en matière d’urbanisme, notamment la compensation des arbres abattus.

Les défenseurs des jardins ouvriers ont remporté une victoire le 20 septembre :  la Cour administrative d'appel de Paris a suspendu, par référé, le permis de construire de du bassin, déposé le 21 juillet dernier. Cette suspension ne signifie toutefois pas l’arrêt total du projet qui doit faire l’objet d’une nouvelle audience. La maire d’Aubervilliers a décidé de se pourvoir en cassation auprès du Conseil d’État. Même si la phase de bétonnage n’a pas encore commencé, les opérations de destruction des jardins ouvriers ont, quant à elles, bien débuté. À ce jour, la majorité des jardiniers concernés ont été relogés sur d’autres parcelles voisines par Grand Paris Aménagement, le détenteur du terrain.

 

Par Anne-Sophie de Monès