Il crée des prothèses pour animaux et leur permet de retrouver une vie normale

Publié le 15 avril 2022
Par Mélanie APPADOO
Temps de lecture : 2 mins
À quelques kilomètres de Paris, Antoine Maitre exerce un métier encore méconnu en Europe – ils sont à peine une dizaine en France –, celui d’"orthoprothésiste animalier". Nous l’avons rencontré dans le garage de sa grand-mère en Essonne où il fabrique des prothèses et des orthèses (attelles) adaptées à chaque animal qui lui est confié.
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"Orthoprothésiste animalier", un métier peu connu en Europe

Antoine Maitre se souvient encore de la première fois où il a été confronté à un animal blessé : c'était en 2016, en Irlande. Alors qu'il était en vacances, il s'est retrouvé face à une chèvre amputée dans une auberge. Même si cela faisait 10 ans qu'il créait des prothèses en pédiatrie, Antoine n'avait encore jamais créé de prothèse pour les animaux. Au total, il lui aura fallu plusieurs dizaines d'heures pour concevoir un dispositif adapté à la chèvre blessée, ainsi que de nombreux essais et modifications avant de s'assurer que l'animal s'y adaptait correctement. « Avant, soit il y avait l'euthanasie, soit on laissait l'animal avec un moignon et il se déplaçait sur trois pattes » indique le jeune orthoprothésiste.

Aujourd'hui, Antoine fait partie des quelques orthoprothésistes animaliers qui exercent en Europe. Ils sont à peine une dizaine en France, rappelle-t-il. Avec beaucoup d’humanité et d’humilité, le fondateur du cabinet Orthopia-Prothèses explique tous les rouages du métier : de la conception à la fabrication, en passant par la prise de moulage et à la modification de ce dernier.

30 heures pour fabriquer une prothèse

Approché par des vétérinaires, des refuges mais aussi des particuliers, Antoine accueille dans son cabinet de nombreux animaux amputés, maltraités ou ayant un membre malformé : chiens, chats, chevaux, ânes, chèvres… Pour le fondateur d'Orthopia, il est primordial de prendre en compte certains critères avant de se lancer dans la fabrication de la prothèse. Le poids de l'animal, ses activités et son environnement détermineront les matériaux à utiliser. Il devra par exemple être plus attentif à la prothèse d'un animal qui vit dans des milieux humides. Chaque cas étant unique, l’orthoprothésiste expérimenté n’hésite pas à faire valider le dispositif par un vétérinaire.

Ainsi, dès le départ, l’orthoprothésiste doit savoir ce qu’il veut créer et à partir de quels matériaux. Une fois cette étape de conception terminée, il passe au moulage du membre appareillé avant de modifier la forme pour qu’il s’adapte correctement à l’animal. Vient ensuite la phase cruciale de fabrication. Il faut une trentaine d'heures pour réaliser une prothèse.

Permettre aux animaux de retrouver une vie normale grâce à un appareillage de qualité

Proposer un appareillage de qualité et confortable pour les animaux, telle est la première priorité d’Antoine Maitre. « Étant donné que l’animal ne va pas pouvoir nous exprimer son ressenti, il faut qu’on se donne tous les moyens pour pouvoir faire quelque chose qui soit le mieux possible » affirme-t-il avant d’ajouter : « Ce n’est pas parce qu’on intervient sur les animaux qu’il faut se dire qu’on fait quelque chose au rabais ». Voir les animaux gambader avec la prothèse comme si de rien n’était, emplit Antoine de joie qui ne manque pas de prendre des nouvelles de ses petits protégés régulièrement.