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Grâce à ces lunettes connectées, les personnes paralysées peuvent de nouveau communiquer

Publié le 8 avril 2021 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h55)
Par One Heart
Temps de lecture : 4 mins

Fondée par Maxime Loubar, Sarah Mougharbel et Pierre Jankowiez en 2020, la start-up française Wyes - acronyme signifiant "When Your Eyes Speak" (en français, "Quand vos yeux parlent") - a inventé une paire de lunettes connectées à destination des personnes atteintes de pathologies spécifiques et de maladies neurodégénératives. Grâce à ces lunettes, elles peuvent de nouveau communiquer, à la simple force des yeux. Nous avons échangé avec Maxime Loubar, l'un des co-fondateurs de cette entreprise innovante. 

 

Une technologie qui allie communication, informatique et handicap

C'est à l'âge de 9 ans que Maxime Loubar fait face, pour la première fois à la maladie, celle de sa grand-mère : « Elle était atteinte d’une pathologie à savoir Creutzfeldt-Jakob, une maladie neurodégénérative, qui l’a rendue totalement paralysée. Cette maladie paralyse peu à peu le corps et à la fin, elle ne pouvait plus du tout communiquer. Il n’y a que les yeux qui peuvent bouger », raconte Maxime, co-fondateur de Wyes. Au fur et à mesure de son parcours scolaire, Maxime s’est mis en tête de trouver une solution et un outil pour permettre aux personnes paralysées de communiquer avec leurs yeux.

Avec sa meilleure amie Sarah Mougharbel et Pierre Jankowiez, qui deviendront co-fondateurs de Wyes, il travaille sur un projet qui lie communication, informatique et handicap. À trois, ils sont parvenus à trouver l'idée des lunettes connectées pour une raison simple : « Toutes les maladies dégénératives ont toutes un point commun, à savoir les yeux : ils passent par le nerf optique qui lui, est relié au cerveau et non pas par les tissus infectés par la maladie », développe Maxime. Parmi toutes les pathologies concernées et étudiées par l’équipe de Wyes, il y a la maladie de Charcot, les myopathies, les tétraplégies et polyhandicaps, mais aussi le syndrome de l'enfermement (LIS). 

 

Des lunettes connectées qui étudient le clignement des yeux

Tout naturellement, Maxime et Sarah ont pris la décision de réaliser des lunettes adaptées et connectées. Celles-ci vont être capables de détecter, grâce à des capteurs, les clignements volontaires des yeux et non pas les simples battements de cils. De façon très simple, les yeux vont agir ici comme des souris d’ordinateurs et les lunettes, elles, comme un clavier. Les bénéficiaires des lunettes vont ensuite pouvoir cliquer pour sélectionner, sur un ordinateur ou une tablette, les phrases qu’ils souhaitent dire ou les actions qu’ils souhaitent faire.

« Par exemple, dans une application où il est possible d’écrire un message, il (le patient) va pouvoir le faire lire à la tablette de façon à ce qu'il puisse communiquer avec la personne qui se trouve à côté de lui », dévoile Maxime. Grâce à cette technologie, le patient va retrouver une certaine autonomie et ainsi communiquer sans être assisté. Au-delà de la communication, ces lunettes peuvent aussi permettre au bénéficiaire de naviguer sur internet et finalement de "se reconnecter avec le monde" et améliorer leur quotidien. Après un simple clignement volontaire, l’information est envoyée à un petit boîtier qui lui, va interagir directement par bluetooth avec une interface de communication à savoir un ordinateur, une tablette ou un smartphone.

Une phase de tests lancée auprès de patients pour finaliser le prototype définitif des lunettes

Le prototype des lunettes connectées est réalisé dans l'appartement nantais de Pierre, l'un des co-fondateurs de Wyes. Toute l'équipe s'est activée pour imaginer, designer et souder ces lunettes connectées, à partir de micro composants et d'un circuit informatique. Pour le moment, il faut compter une journée entière pour fabriquer ces prototypes et à terme, ces tâches seront confiées à d'autres professionnels pour fournir un nombre important de lunettes. Afin d’offrir un produit optimal qui répond à leurs attentes, l’équipe de Wyes a lancé une "phase de tests assez intensive". 

Cette étape, très importante, est réalisée auprès de particuliers et de professionnels médicaux, comme des aides à domicile, qui travaillent avec des patients, ou encore les familles de ces derniers. De manière générale, ce sont très souvent des ergothérapeutes ou des psychomotriciens issus d’hôpitaux et de cliniques qui contactent Wyes afin d'obtenir des paires de lunettes et entamer des rééducations auprès des patients atteints de certaines pathologies.

Maxime dévoile l'idée de réaliser, à l'avenir, des "partenariats avec des mutuelles" qui accepteraient de rembourser une partie du dispositif. D’ici à 2021, une plateforme de crowdfunding pour les préventes du dispositif, sera mise en ligne. Concernant la sortie officielle des lunettes connectées, Maxime affirme que ce sera plus long que prévu : « La seule chose qui peut retenir cette sortie, c’est la certification du dispositif médical et le marquage CE qui nous permettra de vendre dans la communauté européenne. Ce sont des démarches assez longues mais on espère que d’ici fin 2022 ou début 2023, ce soit bon », conclut Maxime. 

 

Par Léa Bourgoin