Etats-Unis : les Sioux obtiennent la fermeture d'un immense oléoduc

Publié le 16 juillet 2020 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h55)
Par One Heart
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Après des années de combat, les tribus amérindiennes ont obtenu le 6 juillet dernier, la fermeture du "Dakota Access Pipeline" reliant le Dakota du Nord à l’Illinois. Gelé sous Barack Obama, ce gigantesque oléoduc avait été relancé par Donald Trump dès son arrivée à la tête du pays.


Un projet qui menaçait les populations autochtones 


Long de 1 900 kilomètres, l’oléoduc "Dakota Access Pipeline" était chargé d’amener le pétrole de schiste extrait dans le Dakota du Nord vers l’Est des États-Unis, dans l'Illinois. Son tracé est contesté par les tribus amérindiennes depuis sa mise en marche il y a 4 ans, car une portion traversait leurs terres ancestrales et menaçait leurs sources d’eau potable. De plus, le Dakota Access ne respectait pas les normes environnementales et présentait des risques de fuites de pétrole. 

 

Alors que le Corps des ingénieurs de l’armée américaine avait conclu il y a quelques temps que l’oléoduc ne représentait pas une menace "importante" pour l’environnement, le juge de Washington, James Boasberg, avait demandé en mars dernier un réexamen du tracé de l’oléoduc. Il avait ensuite donné un mois aux deux parties pour le convaincre de suspendre ou non les activités de ce dernier. Le lundi 6 juillet, le juge rend sa décision dans un document de 24 pages et annonce s’être finalement rangé du côté de la nation sioux de Standing Rock et de Cheyenne River : « Compte tenu de la gravité des erreurs commises par le Corps des ingénieurs de l’armée américaine […] la Cour est forcée de conclure que le flux de pétrole du Dakota Access doit cesser » explique-t-il dans son rapport. 


Une grande victoire pour les tribus Sioux 

La décision du juge James Boasberg est une grande victoire pour les populations indigènes : « Aujourd’hui est un jour historique pour la nation sioux de Standing Rock et toutes les personnes qui nous ont soutenus tout au long de notre bataille contre le pipeline », a ainsi déclaré Mike Faith, Président du Conseil de la nation de Standing Rock. Il y a 4 ans, la construction de cet oléoduc avait déjà donné lieu à de violentes altercations entre les militants autochtones et les autorités. « Il a fallu quatre longues années, mais aujourd’hui, justice a été faite à Standing Rock », a déclaré Jan Hasselman, avocat du groupe Earthjustice, qui a représenté la nation sioux devant les tribunaux.


Si l’arrêt de ce pipeline est une excellente nouvelle pour les Sioux ainsi que pour la préservation de leurs terres, la nouvelle l’est beaucoup moins pour l’administration Trump, qui a critiqué la décision du juge : « Il est décevant qu’une fois de plus, un projet d’infrastructure énergétique qui fournit des milliers d’emplois et des millions de dollars de revenus économiques ait été fermé par le lobby environnemental bien financé, qui utilise le système judiciaire de notre pays pour faire avancer son programme », a déclaré Dan Brouillette, le secrétaire américain à l’énergie. 

 

L'oléoduc devrait être clôturé d'ici le 5 août prochain. Le Dakota du Nord est le deuxième plus grand producteur de pétrole des Etats-Unis, derrière le Texas et produit 1,45 million de barils par jour.

 

 

Par Chloé Sappia