En Guyane, un nouveau projet de mine d'or met en péril la biodiversité

Publié le 20 mai 2020 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h55)
Par One Heart
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Le 29 avril, la commission départementale des mines a donné un avis favorable à Espérance, un nouveau projet d'extraction aurifère de taille industrielle pensé dans la commune d'Apatou, sur les rives du fleuve Maroni en Guyane. Si les opérateurs miniers se réjouissent, les associations de défense de l'environnement montent au créneau afin de faire annuler ce projet. 

 

 

"Espérance", un projet d'exploitation minière de grande envergure néfaste pour l'environnement 

Baptisé Espérance, ce nouveau projet d'extraction aurifère est porté par la compagnie minière américaine Newmont et son partenaire local, la Compagnie minière Espérance. Le projet d'une grande ampleur, prévoit d'extraire 20 millions de mètres cubes de roches afin d'accéder à un gisement de 65 tonnes d'or. Un trou, de 1,5 mètre de large et de 300 mètres de profondeur sera nécessaire pour pouvoir atteindre le butin. L'opération nécéssitera en plus la construction d'une usine à cyanuration. 

Avec 12 voix pour et 5 contre, la commission départementale a donné son feu vert pour cette opération grandeur nature le 29 avril. La Compagnie minière Espérance et Newmont espèrent ouvrir la mine Espérance d'ici à 2025, créant ainsi 220 à 335 emplois directs et tout autant d'emplois indirects.

Des associations de défense de l'environnement et des peuples autochtones se mobilisent afin que le projet soit avorté. Les opposants à ce projet insistent sur le fait que la pandémie du Covid-19 est étroitement liée à la destruction de l'environnement par l'activité humaine. Ils rappellent également que 360 000 hectares de fôret sont menacés si l'arrêt du projet minier n'est pas déposé ainsi l'extraction minière entraînerait la pollution des rivières et des sols. Les opposants dénoncent également la proximité du site avec deux réserves biologiques et s’inquiètent des millions de tonnes de déchets et de la boue générés par le processus pour détacher l’or de la roche avec du cyanure.

 

"Espérance", un projet quasi identique à "Montagne d'or", abandonné en 2019 

En 2019, le gouvernement français a rejeté le projet "Montagne d'Or" en Guyane car il le jugeait "incompatible avec les exigences de protection de l'environnement". Le projet prévoyait l'exploitation d'une mine d'or à ciel ouvert en pleine forêt amazonienne.

Difficile de ne pas comparer les deux projets et Antoine Lamoraille, membre du collectif Or de question déclarait : "On a lutté pendant longtemps contre la Montagne d'or (...), et maintenant voilà un nouveau projet à même pas 30 kilomètres". 

Le collectif souhaite un moratoire sur le cyanure "et la création d'un tribunal international jugeant les crimes écocidaires"La ministre de la Transition Ecologique Elisabeth Borne a quant à elle assuré qu'elle s'opposerait à "tout projet qui ne prendrait pas en compte nos exigences environnementales", comme elle l'avait fait pour la Montagne d'or.

Avant que les opérations d'extractions ne commencent, le projet doit impérativement être validé par le conseil d'Etat et les deux entreprises porteuses de l'initiative devront demander une autorisation administrative qui sera soumise à l'avis de l'autorité environnementale. Ces procédures devraient faire gagner du temps aux opposants de ce projet pour le faire abandonner.