Égypte : pour la première fois en 75 ans, 98 femmes sont nommées juges au Conseil d'État

Publié le 29 octobre 2021 (modifié le 9 novembre 2021 à 11h00)
Par Mélanie Appadoo
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Historique ! Pour la première fois depuis sa création en 1946, le Conseil d'État d'Égypte accueille en son sein des femmes juges. Le 19 octobre 2021, 98 femmes ont prêté serment dans l’une des plus importantes institutions judiciaires du pays. Une véritable avancée en matière de droits des femmes.

« C’est un jour mémorable. C’est un rêve pour nous ainsi que pour les générations précédentes » 

80 femmes contre 12 000 hommes : telle était la répartition des juges dans le paysage judiciaire égyptien en 2015, selon les statistiques du Conseil national des femmes, l’entité gouvernementale qui lutte contre les discriminations faites aux femmes. Le 19 octobre 2021 est un jour à marquer d’une pierre blanche puisque 98 femmes ont rejoint pour la première fois en 75 ans, le Conseil d'État d'Égypte, pour exercer la fonction de juge. Cet événement fait suite à la décision du président de la République arabe d’Égypte, Abdel Fattah al-Sisi qui, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes en mars dernier, avait affirmé sa volonté d’inclure davantage de femmes au sein du Conseil d’État.

 

« C’est un jour mémorable. C’est un rêve pour nous ainsi que pour les générations précédentes » témoigne Radwa Helmy, une des 98 femmes à avoir endossé le rôle de juge au Conseil d’État. La nouvelle a également bien été accueillie par les défenseurs des droits des femmes. « C’est un pas en avant pour les jeunes générations qui peuvent désormais oser rêver grand » indique Nehad Abu El Komsan, directrice du Centre égyptien pour les droits des femmes, au micro d’ABC News.


S’imposer dans un milieu habituellement dominé par les hommes

Considérés dans de nombreux pays d’Afrique comme un métier qui ne peut être occupé que par des hommes, les métiers de la justice s’ouvrent aujourd’hui davantage aux femmes africaines. Depuis quelques années, certaines femmes ont su s'imposer dans ce milieu habituellement dominé par les hommes. C’est le cas par exemple de Meaza Ashenafi qui en 2018, a été désignée à l’unanimité par le parlement éthiopien pour présider la Cour suprême éthiopienne. Outre son rôle de "garante de la justice", elle milite également pour les droits des femmes et a fondé l’Association des femmes juristes éthiopiennes ainsi que l’Enat Bank, la première banque dédiée aux femmes en Ethiopie.