Des P’tits Doudous pour soulager les enfants hospitalisés

Publié le 3 mars 2016 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h54)
Par Les P'tits Doudous de l'Hôpital Sud
Temps de lecture : 4 mins

Notre semaine spéciale projets Ulule continue. Aujourd’hui nous vous parlons des P’tits Doudous, une association qui apporte un peu de douceur et de joie aux enfants hospitalisés.

Depuis le début de la semaine, nous vous faisons connaître des projets qui mènent ou ont mené une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule.com. Aujourd’hui, nous voudrions vous faire partager un véritable coup de cœur. Une association pleine de doudous, de gommettes et de jeux interactifs, j’ai nommé : Les P’tits Doudous.

Des doudous contre les pleurs

Nolwenn Febvre est infirmière anesthésiste au service pédiatrique de l’hôpital Sud, à Rennes. Elle a toujours voué une véritable passion à son métier. Pourtant, il y a quelques années, Nolwenn était à deux doigts de tout arrêter. « Je ne supportais plus les pleurs des enfants, explique-t-elle. Cela devenait invivable, j’ai presque démissionné ».

« Un jour, face à la détresse d’un enfant, j’ai voulu lui donner un doudou, quelque chose pour détourner son attention, raconte-t-elle. Je me suis rendue compte que nous n’avions même pas un doudou à offrir ! » Heureusement, Nolwenn n’est pas du genre fataliste. Elle contacte Moulin Roty, une marque de jouets pour enfants, « nous n’avons pas de doudous à l’hôpital, auriez-vous des invendus à nous donner ? ».

La marque répond très rapidement et envoie à l’hôpital un carton contenant une centaine de doudous. « Après une opération, nous donnions une peluche, retrace Nolwenn. Ce fut un véritable succès ! Mais nous n’en n’avions pas suffisamment. Pour continuer l’expérience, nous avons fondé une association avec trois collègues. Les P’tits Doudous était née. »

Le recyclage comme source de financement

Créer une association est très facile. Lever des fonds est bien plus difficile. « Nous n’étions pas médiatisés, il était extrêmement dur de récolter de l’argent, explique la fondatrice de l’association. » Mais comme depuis le début de l’aventure, Nolwenn fait preuve d’une grande ingéniosité.

« Un jour, après une intervention, le médecin a jeté un fil de bistouri électrique, raconte-t-elle. La solution était sous nos yeux depuis le début. Ces fils contiennent du cuivre ! Nous les avons alors récupérés pour les recycler. Et tous les blocs du CHU s’y sont mis. 

Devant l’ampleur du phénomène, il fallait prévenir notre direction. Ensemble nous avons mis en place un protocole de recyclage. Tout le monde était gagnant, l’association qui pouvait se financer, et l’hôpital qui économise 800 € par tonne recyclée. Petit à petit, nous avons également recyclé les lames de laryngoscope qui sont faites d’inox. »

Il y avait moins de pleurs dans les couloirs du service pédiatrique de l’hôpital Sud de Rennes. Cependant, les enfants étaient encore tétanisés avant l’opération. « Donner des doudous après l’opération, c’est bien, estime Nolwenn. Mais comment faire cesser les pleurs avant l’intervention ? »

Un jeu de piste interactif

L’équipe de l’association invente un jeu de piste sur papier pour occuper les enfants. « En rentrant chez moi, raconte Nolwenn, j’ai vu mon fils jouer sur sa tablette. Je me suis dit : il faut créer une jeu numérique dont l’enfant est le héro. On avait déjà le scénario, il suffisait juste de créer l’application. Nous voulions faire interagir l’enfant avec l’environnement hospitalier. »

A l’époque, la fondation d’entreprise B. Braun avait lancé un appel à projet pour une initiative ludique et innovante pour améliorer le vécu de l’enfant à l’hôpital. « On a fini premier, indique l’infirmière. Nous avons gagné 15 000 euros. Cela nous a permis de lancer le développement de l’application.

Malgré cette somme importante, nous n’aurions rien pu faire, sans l’aide apportée par Benjamin Chavigner, un designer de talent et Niji, une société de développement digital. Cette dernière a mis à notre disposition gratuitement des développeurs. Grâce à eux, tout est allé très vite. Nous avons terminé le jeu en avril 2014.

L’effet fut immédiat. Les enfants étaient prêts à coopérer. Nous avons diminué de 80 % la prémédication. C’est bien la preuve que le numérique peut avoir un impact sur la santé des gens ». Devant le succès de l’opération, de nombreux hôpitaux ont voulu s’en équiper.

La campagne de financement participatif

« Nous ne voulions surtout pas vendre le jeu, explique Nolwenn Febvre. Les hôpitaux n’ont pas les moyens de mettre en place ce genre de projet. Il fallait donc mettre l’application sur le Store et l'adapter pour qu’elle soit transposable.

Nous avons donc décidé de mener une campagne de crowdfunding sur Ulule.com. Le message était : aidez-nous à ne pas le vendre. Un kit clé en main coute environ 2 000 euros. Avec 10 demandes et un besoin de design, nous devions récolter au moins 30 000 euros ».

Au final, l’association a réuni 78 000 euros sur Ulule, en ajoutant d’autres dons, le montant total de la campagne est de 100 000 euros.

Aujourd’hui, il existe 13 P’tits Doudous, dans 13 hôpitaux en France. L’association a reçu 50 demandes, venant de France mais aussi de Suisse, de Belgique ou du Canada. « En 2016, nous atteindrons une trentaine d’hôpitaux équipés, détaille Nolwenn Febvre. »

Une réussite faite de doudous et d'enfants heureux, que demander de plus. Pour redonner le sourire aux enfants hospitalisés, cliquez sur le lien en bas de page !

L'association

Les P'tits Doudous de l'Hôpital Sud

Les P'tits Doudous de l'Hôpital Sud

Les actions


Depuis 2011, l’association d’infirmiers et de médecins anesthésistes Les P’tits Doudous de l’Hôpital Sud au CHU de Rennes, développe des actions innovantes pour dédramatiser le passage au bloc opératoire, en chirurgie pédiatrique, et diminuer l'anxiété des enfants et de leurs parents. Leur action a démarré par l’achat de doudous financé par le recyclage de fils de bistouris électriques riches en cuivre et des lames de laryngoscope composées d’inox.

L'association a aussi eu l’idée de remettre, lors de la consultation anesthésique, un masque d’anesthésie et un kit de gommettes. Une idée simple qui permet à l’enfant de se familiariser avec ce masque avec lequel il s’endormira, en le décorant de gommettes. L’enfant arrive ainsi au bloc plus détendu avec son masque décoré par lui-même. En 2014, l’association a développé une application « Le Héros, c’est toi ! » avec laquelle l’enfant devient acteur de son parcours hospitalier. Ce jeu interactif réduit l’anxiété des enfants avant leur entrée au bloc opératoire.