La contraception est désormais gratuite pour les moins de 25 ans en France

Publié le 3 janvier 2022 (modifié le 4 janvier 2022 à 15h53)
Par Julie MARIE
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Depuis le 1er janvier, la contraception est intégralement remboursée pour les femmes de moins de 25 ans, en France. Cette mesure qui concernait auparavant seulement les mineurs vise à faciliter l’accès des jeunes femmes aux moyens contraceptifs.

3 millions de femmes concernées par la gratuité de la contraception

La gratuité des frais liés à la contraception avait été accordée en 2013 aux jeunes filles de 15 à 18 ans. La mesure avait entraîné une baisse du recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), le taux passant de 9,5 % à 6 % entre 2012 et 2018. Depuis, la gratuité avait déjà été étendue en 2020 aux moins de 15 ans. L’extension de la gratuité jusqu’à 25 ans concerne pas moins de 3 millions de femmes. Jusqu’à maintenant, la négligence de l’usage de moyens contraceptifs était majoritairement lié à des raisons financières. Attention néanmoins : cette gratuité ne concernera pas tous les types de contraception féminine.

La nouvelle mesure qui étend depuis le 1er janvier 2022, la gratuité aux femmes de 18 à 25 ans, s’applique à tous les moyens de contraception qui sont déjà remboursés pour les mineurs. Seront donc à 100 % remboursés (et en tiers-payants) par l’Assurance Maladie les pilules de première et deuxième génération, ainsi que les implants hormonaux, les stérilets hormonaux et en cuivre et les diaphragmes contraceptifs. La "pilule du lendemain" (contraception d’urgence hormonale) sera également désormais prise en charge. L’assurance maladie prendra aussi en charge tout soin lié à la contraception (examens nécessaires, pose, changement ou retrait d’un contraceptif), et une consultation annuelle avec un professionnel de santé sera également remboursée.

Un jeune sur deux ayant une activité sexuelle ne se protège pas

Certains contraceptifs comme les crèmes spermicides, les patchs, les anneaux vaginaux et les pilules de 3e et 4e générations ne sont pas concernés par cette nouvelle mesure ainsi que les préservatifs. Pourtant, deux marques de préservatifs sont remboursées à hauteur de 60 % : c’est le cas des préservatifs EDEN produits par le laboratoire citoyen Majorelle, qui depuis 2018 sont en partie remboursables sur prescription d’un médecin ou d’une sage-femme. Il s’agit du premier préservatif pris en charge par l’Assurance Maladie. Le laboratoire français indépendant Majorelle a pour mission de rendre les médicaments essentiels accessibles au plus grand nombre, notamment aux plus démunis. C'est en partie pour cette raison qu'il a été sélectionné par l’Assurance Maladie. En effet, le laboratoire s'inscrit dans une démarche citoyenne dédiée à la résolution des problèmes de santé publique et propose des produits à prix responsables. Depuis 2019, les préservatifs « Sortez couverts ! » du fabricant français Polidis sont également remboursés sous les mêmes conditions par l'Assurance Maladie.

Le remboursement des préservatifs est une mesure concrète pour l'amélioration du parcours de santé en matière d'infections sexuellement transmissibles (IST). En effet, d’après une récente enquête de l’Institut ELABE, 75 % des jeunes affirment qu’ils utiliseraient davantage le préservatif s’il était remboursé. Un constat alarmant lorsqu’on sait qu’aujourd’hui un jeune sur deux ayant une activité sexuelle ne se protège pas. Cela pourrait en partie expliquer la forte hausse de l'incidence des IST depuis une vingtaine d'années, selon une étude d'Opinion Way pour la Smerep (la Société mutualiste étudiante régionale) mais aussi par l’amélioration des pratiques de dépistage et des diagnostics en France. L’abandon du préservatif reste néanmoins la principale cause.