Compostage urbain : apprendre à réutiliser ses déchets

Publié le 6 mai 2019 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h55)
Par One Heart
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En pleine tendance du zéro déchet, la question de la gestion déchets est au cœur du débat. Même si l’incinération est toujours une des options les plus répandues, le compostage, notamment en milieu urbain, permet de limiter la production de déchets tout en aidant à réduire le gaspillage alimentaire.

Selon un récent rapport de l’ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) sur les chiffres clés des déchets, près de 6% des déchets sont utilisés dans le cadre de la valorisation énergétique (compostage/méthanisation). Une augmentation de près de 60% sur 10 ans. Une excellente nouvelle qui incite à multiplier les initiatives de compostage notamment dans le milieu urbain, où l’on constate un réel manque d’infrastructures et de sensibilisation au sujet.

Le compostage : une pratique naturelle aux multiples avantages

Dans son rapport, l’ADEME pointe également que l’équivalent de 568kg de déchets par habitant ont été produits en 2016. Une donnée importante mais en baisse de 0,3 % sur les dix dernières années. 30 à 40% d’entre eux sont des déchets organiques. Ces derniers sont le plus souvent incinérés, or quand on sait qu’ils sont composés à 80% d’eau, il vaut mieux privilégier le compostage. De cette manière, tous vos aliments jetés vont peu à peu fermenter pour se transformer en compost. Un engrais naturel riche en nutriments qui va servir à fertiliser la terre. Idéal pour diverses plantations.

Ce principe de la réutilisation des déchets permet de réduire les frais de gestion des déchets. Par-là, il s’agit de réduire le nombre de trajets polluants des camions qui transportent ces déchets vers l’incinération. De plus, il participe à la lutte contre le gaspillage alimentaire notamment lorsqu’il est utilisé pour les multiples projets d’agriculture citoyenne.

Le compostage urbain : une intégration progressive

 

compost-déchets-organiquesIlot de compostage à Nancy (crédit photo :M.O.T.E)

Un bac à compost se trouve le plus souvent dans un jardin, or la plupart des personnes résidant en ville n’ont pas la chance d'avoir un coin de verdure. De manière générale, il faut compter sur les projets citoyens qui mettent en commun ce type de pratique. A Nancy, plusieurs ilots de compostage ont déjà vu le jour ainsi que plusieurs ateliers de sensibilisation. Du côté de Rennes, la municipalité a pris les choses en main très tôt. Dès 1998, elle offre ainsi à un bac à compost individuel pour chaque foyer disposant d’un jardin et un lombricomposteur à ceux qui n’en ont pas.

 

Alchimistes-compost-déchetsElectro-composteur de l'association "Les Alchimistes" (crédit photo : les Alchimistes)

 

En parallèle à cela, plusieurs associations comme "Les Alchimistes" militent pour démocratiser le compostage urbain. Déjà installée à Paris via un électro-composteur qui accélère le processus de compostage, l’association cherche à s’implanter à Toulouse en installant plusieurs sites dédiés. Cette machine se prête bien à la densité des villes où les espaces libres sont peu disponibles. "En réduisant le temps de compostage, on réduit l’espace nécessaire, ce qui simplifie la recherche d’emplacements en ville" explique Jeremy, un des membres fondateurs de l’association.