Australie : la plus vieille forêt du monde rendue aux aborigènes

Publié le 4 novembre 2021 (modifié le 9 novembre 2021 à 10h59)
Par Julie Marie
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Site classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, la forêt tropicale de Daintree vieille de plus de 180 millions d’années, a officiellement été rendue par le gouvernement australien à ses plus anciens occupants : les aborigènes Kuku Yalanji de l’Est.

Dans le nord-est de l’Australie, une forêt rendue à ses gardiens ancestraux

C’est un accord historique qui s’est établi le mercredi 29 septembre en Australie : la propriété ainsi que la gestion d’un immense trésor naturel du nord-est du pays, la forêt de Daintree, sont revenues à ses plus anciens occupants, les aborigènes du Kuku Yalanji qui y vivent depuis plusieurs milliers d’années. Il s’agit de la plus ancienne forêt tropicale humide au monde ayant abrité des générations d’autochtones.

D’après la ministre de l’environnement du Queensland, Meaghan Scanlon, la restitution de ces terres est une étape importante dans le processus de réconciliation entre les communautés, les descendants des colons européens et les autochtones. « Cet accord reconnaît leur droit à posséder et à gérer leur pays, à protéger leur culture et à la partager avec des touristes » a-t-elle ajouté, lors d'une cérémonie de baptême symbolique. Dans un premier temps conjointement géré avec l’État puis placé sous la responsabilité exclusive des aborigènes Kuku Yalanji, cet accord est une étape symbolique et décisive pour le peuple qui a été fortement marginalisé suite à l’arrivée des colons européens en 1788.

Une victoire pour la biodiversité 

Territoire menacé par le changement climatique, cet accord est une réelle victoire pour la préservation de cet écosystème riche en biodiversité. La forêt, célèbre pour sa beauté naturelle, abrite plus de 3 000 espèces végétales, 107 mammifères, 368 espèces d’oiseaux et 113 espèces de reptiles, parmi lesquelles beaucoup sont des espèces rares et anciennes. La région de Daintree est d’ailleurs inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1988 pour qu'elle soit protégée contre l’exploitation forestière et le défrichement agricole. L’organisation avait notamment reconnu à ce moment-là que « cette région d’une beauté stupéfiante [était] extrêmement importante par sa biodiversité riche et unique ». Le Conseil de préservation de l’État a quant à lui indiqué lors de la cérémonie de baptême qui s'est tenue en septembre dernier, que « rendre ces parcs à la tribu Kuku Yalanji de l’Est [était] le meilleur moyen de protéger la nature et la culture de cette zone ».

Sur fond de crise écologique, cet accord reconnaît donc l’importance des communautés indigènes dans la gestion de l’environnement qui depuis des générations, occupent ce territoire en harmonie et dans le respect de la nature. La forêt de Daintree rejoint d’autres sites majeurs en Australie, comme Uluru ou Kakdu ayant déjà été rétrocédés aux aborigènes. À ce jour, le gouvernement déclare avoir restitué 3,8 millions d’hectares de terres aux indigènes depuis 1995.

Cet événement donne l’espoir de voir ce patrimoine écologique inestimable sauvegardé.