Ariège : l’Etat va porter plainte après l'abattage d’un ours

Publié le 10 juin 2020 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h55)
Par One Heart
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Abattu par balles, un ours a été découvert hier dans une zone de haute montagne, près de la station de ski de Guzet. Il s’agit du deuxième ours retrouvé mort dans les Pyrénées depuis le début de l’année.


Un acte "illégal" et "profondément condamnable"

En avril dernier, "Cachou", un mâle de 5 ans, avait déjà été retrouvé sans vie dans le Val d'Aran en Espagne. Sur Twitter, la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, a exprimé sa colère : « L'ours est une espèce protégée, cet acte est illégal et profondément condamnable. La préfète s'est rendue sur place. L'Etat va porter plainte ».


Pour les associations de défense des animaux, l’annonce est aussi un choc : « Personne n'a le droit de supprimer un ours dans les Pyrénées, c'est inconcevable. C'est une espèce protégée » a réagi Alain Reynes, Directeur de l'association Pays de l'ours. « Bien entendu, nous les associations allons également déposer plainte et faire tout ce qui est en notre pouvoir pour retrouver les responsables et les faire condamner », a t-il ajouté. Une enquête a été ouverte par le procureur de Foix selon la préfecture. La piste d’un éleveur en colère n’est, pour le moment, pas écartée. 

 

Réaction de l'association AVES (A Voice for Endangered Species) sur Twitter. ©AVES

 

L'ours, une espèce pourtant protégée 

En France l’ours est une espèce protégée depuis 1981 et il est également considéré comme une espèce prioritaire au niveau Européen. Aujourd’hui, on estime qu’il y a près de 50 ours dans les Pyrénées, et ce, grâce à des réintroductions entamées en 1991. Depuis cette date, les tensions entre le camp pro-ours et les éleveurs de bétails n’ont fait que s'accroître. Les éleveurs dénoncent ces chiffres : en 2019, 1 173 animaux auraient été tués par des ours et 36 ruches détruites selon les chiffres d’une consultation publique. 

La semaine dernière, les ministres de la Transition écologique et solidaire et de l'Agriculture avaient justement annoncé une enveloppe de 500 000 euros supplémentaires pour la cohabitation ours-pastoralisme. Cette somme était, entre autres, destinée à la protection des troupeaux ainsi qu'à l’équipement de cabanes dans les estives.

 

Par Chloé Sappia