Antarctique : des milliers de manchots menacés par un immense iceberg

Publié le 12 novembre 2020 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h55)
Par One Heart
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En 2017, un immense iceberg s’est détaché de la plateforme glaciaire Larsen C, en Antarctique. Mais dans moins d'un mois, il pourrait heurter une île de Géorgie du sud habitée par des manchots et provoquer la mort de milliers d’espèces.

Une course contre la montre 

D’ici 20 à 30 jours, l’iceberg "A68" pourrait percuter une île de Géorgie du Sud, peuplée de manchots et de phoques. Les conséquences seraient terribles puisqu’un bon nombre de ces espèces ne serait plus en mesure de se nourrir correctement. Cet iceberg géant pèse plus d'un milliard de tonnes, mesure 160km de long et 48km de large mais moins de 200 mètres de profondeur. « La probabilité d’une collision est de 50/50 », a expliqué Andrew Fleming du British Antarctic Survey. Pour le moment, l'iceberg se trouve à 400km au large de la Géorgie du sud.

Sur cette île de Géorgie du sud, c’est une incroyable variété d’animaux qui sont susceptibles d’être en danger, à savoir des manchots royaux, des gorfous dorés, des manchots à jugulaire, des manchots papous ainsi que des phoques et des albatros hurleurs. Geraint Tarling, aussi membre du British Antarctic Survey, a dévoilé que la population de ces animaux et de leurs bébés pourrait fortement baisser car il deviendrait difficile pour eux de faire l’aller-retour entre leur terrain de chasse et leur habitat.

 

Image d'illustration - Photo prise à Port Lockroy sur l'île Goudier, Antarctique (Crédits : GDR/OneHeart)

 

Le réchauffement climatique, principal facteur du détachement de l'iceberg

L’écosystème marin dans son ensemble est aussi concerné par le détachement de l’iceberg. Les fonds marins pourraient mettre des décennies à se rétablir et à se reconstruire. Le carbone retenu dans les organismes de l’iceberg serait libéré dans l’océan et dans l’atmosphère et s'ajouterait aux émissions de CO2 causées par les activités humaines, ont expliqué les chercheurs.

Selon les scientifiques, l’ouest de l’Antarctique, est  l’une des premières régions à se réchauffer le plus rapidement au monde. Pour Andrew Fleming, cette situation est exceptionnelle et inédite : « A68 est spectaculaire. L'idée qu'il soit toujours en un seul grand morceau est en fait remarquable. [...] S'il tourne autour de la Géorgie du Sud et se dirige vers le nord, il devrait commencer à se désagréger. Il entrera très rapidement dans des eaux plus chaudes, et l'action des vagues en particulier commencera à le tuer. »

 

Par Léa Bourgoin