A Madagascar, les baobabs se transforment en citernes

Publié le 2 décembre 2019 (modifié le 20 octobre 2021 à 10h55)
Par One Heart
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Le sud de Madagascar ne connaît pas la pluie, ou presque pas. Sept mois sur douze il ne pleut jamais. Le reste du temps - entre décembre et avril - les rares précipitations n’alimentent que la terre et les plantes. Pas de fleuve, ni de rivière ou de lac pour emmagasiner l’eau. 

Alors, les Malgaches recourent aux géants séculaires qui les entourent : les baobabs.
En creusant une cavité, ils peuvent contenir l’eau qui leur servira durant les mois de sécheresse.


Le baobab, l'arbre de la vie 

Le baobab est un des arbres les plus fascinants qui existent. Imposant, majestueux, presque solennel, sa grandeur n’a d’égal que ses bienfaits : les habitants de l’île l’utilisent pour son bois, en extraient de l’huile, des noix, des résines, des fibres, cueillent des légumes et même des fruits qui servent de médicaments. 

Dans le village d’Ampotaka, au sud-ouest de Madagascar, la population des baobabs est aussi dense que la population humaine : chaque famille possède son propre baobab. Ces mastodontes de bois sont traités avec respect et révérence. Si les villageois les utilisent pour diverses raisons, ils en prennent quand même soin, car ils savent que sans eux, ils courent au désastre.

Pourtant, le baobab recèle encore des ressources bien utiles aux Hommes. Son gigantesque tronc est le réservoir idéal pour stocker l’eau, car c’est le seul arbre - avec l’Aulne glutineux - qui ne pourrit pas. 

baobab-citerneCrédit : Pascal Maitre

Pour avoir de l’eau toute l’année, les villageois creusent le tronc au mois de juin, durant dix jours de suite, puis ils laissent l’écorce intérieure de l’arbre “cicatriser”. Cette régénération offre le socle parfait pour contenir l’eau et la garde propre. Les plus gros arbres peuvent contenir jusqu'à 14 000 litres, de quoi passer trois à quatre mois sans craindre le manque d’eau.

baobab-interieurCrédit : Pascal Maitre

La fin des citernes naturelles 

Cette providence de la nature pourrait pourtant disparaître à cause du réchauffement climatique. Chaque année, de plus en plus de baobabs meurent à cause des sécheresses de plus en plus fréquentes. Les habitants d’Ampotaka recourent à plusieurs stratégies pour économiser l’eau emmagasinée dans les baobabs : l’eau dégorgée des plantes, l’eau de pastèques sauvages et même de l’eau des cactus pour abreuver les animaux.

Il y a moins de gros spécimens. Certaines années, nous ne pouvons pas les creuser. Ce sont de plus jeunes arbres, d’à peine 250 ans, qui continuent de nous offrir leur ventre. Ils contiennent 7 000 à 9 000 litres d’eau”, explique un creuseur au photographe Pascal Maitre, parti à la rencontre de la population locale.