Il y a 60 ans, l'Abbé Pierre lançait un appel...

Par l'équipe Oneheart, le 31 janvier 2014

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Le lundi 1er février 1954, Henri Grouès, dit l'Abbé Pierre, lance sur Radio-Luxembourg, un appel qui fera date. Durant 4 minutes, le fondateur d'Emmaüs exhorte les Français à «l'insurrection de la bonté», déclenchant une pluie de dons pour les sans-abri.

«Mes amis, au secours...

Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée. Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d'un presque nu. Devant l'horreur, les cités d'urgence, ce n'est même plus assez urgent!

Écoutez-moi! En trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer: l'un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l'autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir-même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l'on lise sous ce titre «centre fraternel de dépannage», ces simples mots: «Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici on t'aime».

La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l'hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes: la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse: l'âme commune de la France. Merci! Chacun de nous peut venir en aide aux sans abri. Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain: 5.000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200 poêles catalytiques.

Déposez-les vite à l'hôtel Rochester, 92, rue de la Boétie! Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève.

Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l'asphalte ou sur les quais de Paris.

Merci!»

60 ans plus tard, Lambert Wilson reprend le flambeau pour La Fondation Abbé Pierre qui interpelle les candidats aux municipales ! 

 

Quelque deux mille personnes se sont rassemblées vendredi dans un hall du Palais des expositions de la Porte de Versailles pour assister à la remise du rapport, à des tables rondes et à l'intervention de personnalités politiques, comme la ministre du Logement Cécile Duflot qui a annoncé le lancement d'un "plan bidonvilles".

La Fondation Abbé Pierre estime à 3,5 millions le nombre de personnes confrontées au mal-logement, et à plus de 10 millions les personnes touchées par la crise du logement, selon Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation. On compte notamment 141.500 sans-abri. Le dispositif d'hébergement "ne permet pas de répondre à toutes les situations de précarité", note la Fondation. Les solutions de fortune (caravanes, baraques de chantier, locaux agricoles, ...) "gagnent des territoires de plus en plus éloignés des villes", sans compter "la réapparition de situations que l'on croyait disparues, telles que les bidonvilles" à la périphérie des villes, dans des terrains vagues ou sous des échangeurs autoroutiers.

L'accès à un logement devient complexe pour les plus modestes "mais aussi pour de nombreux ménages insérés socialement et économiquement", note le rapport, car le marché fonctionne "comme une véritable centrifugeuse, qui sélectionne les candidats les plus solvables et refoule les autres" vers "un parc HLM qui n'est pas calibré pour répondre à l'ensemble des besoins".

Aujourd'hui 1,735 million de personnes attendent un logement social.

Le rapport met également en cause "une hausse non régulée du coût du logement", avec des loyers qui ont augmenté de 55 % en 13 ans, et une situation socio-économique qui continue de se dégrader.
"La question de l'emploi est en filigrane derrière la question du logement", souligne Christophe Robert, délégué général adjoint, déplorant "l'augmentation du nombre de personnes menacées d'expulsions en lien avec la perte de leur emploi".

Les trois quarts des appels du 115 sans solution
Mais "le logement peut également devenir un obstacle à l'emploi", dit-il, notamment s'il constitue un frein au recrutement (trop loin, dans des quartiers stigmatisés), ou à la mobilité.
La Fondation insiste aussi sur le développement inquiétant des copropriétés en difficultés, qui constituera "un problème majeur dans les vingt prochaines années", selon M. Doutreligne. Plus d'un million de logements en copropriétés sont concernés (sur un total de 6,2 millions), et se caractérisent par un habitat dégradé, une absence de travaux et des charges rapidement trop lourdes pour les occupants.

En matière d'action gouvernementale, "2013 a été riche en mesures concernant le logement", note le rapport, citant le plan quinquennal contre la pauvreté et le projet de loi Alur. Mais il déplore un manque de "réponses immédiates".

En fin de matinée, Cécile Duflot a annoncé le lancement d'une mission nationale pour résorber les bidonvilles qui se sont multipliés dans le pays.
Elle a précisé que cette mission, qui sera dotée d'un budget et de moyens propres, sera confiée à l'Adoma (ex-Société nationale de construction de logements pour les travailleurs - Sonacotra) et sera à la disposition des nouvelles équipes municipales dès le lendemain des prochaines élections.

Selon les chiffres officiels il y a en France métropolitaine quelque 400 "campements illicites", occupés dans leur immense majorité par des Roms.
La Fondation Abbé Pierre se félicite par ailleurs de la création de 7.000 places d'hébergement pour SDF, mais rappelle que les trois quarts de ceux qui appellent le 115 n'obtiennent aucune solution.

Elle souligne aussi l'ambition de construire 500.000 logements par an, dont 150.000 logements sociaux, mais "les conditions ne semblent pas remplies pour qu'elle se réalise rapidement". La production annuelle de 2013 s'est élevée à 335.000 logements.

Enfin, alors qu'approchent les élections municipales, la Fondation invite les collectivités territoriales" à respecter la loi SRU qui impose aux communes de plus de 3.500 habitants d'avoir 20 % de logements sociaux, un taux relevé à 25 % par la loi Duflot du 18 janvier 2013.

( source AFP ) 

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