Canicule, les sans-abri en meurent plus que du froid

Par Samu Social de Paris, le 21 juin 2017

L'impact, Kezaco ?

Vos actions ont de l’impact, et, cumulées, elles ont le pouvoir de changer le monde.

A chaque fois que vous fermez le robinet en vous brossant les dents, que vous choisissez de prendre votre vélo plutôt que votre voiture parce qu’il fait beau, que vous relayez une pétition en ligne pour aider les victimes d’une catastrophe naturelle, vous contribuez, à votre échelle, à un monde meilleur.

Grâce à son compteur, OneHeart mesure l’impact de chacun.e des causes, événements, spots, actualités et acteurs qui se trouvent sur la plateforme : plus vous lisez, regardez, partagez, commentez les contenus sur OneHeart, plus vous augmentez leur impact en les diffusant autour de vous.

Alors, qu’attendez-vous ?

Close

Depuis mardi, 66 départements sont placés en vigilance orange à la canicule selon Météo France. Pendant ces périodes de fortes chaleurs, les personnes sans-abri sont en première ligne et font partie des personnes les plus vulnérables. Que faire pour les aider ? One Heart a interviewé Dr Abdon Goudjo, directeur du Pôle médical et soins au Samu social de Paris

One Heart : Est-il vrai que les personnes sans-abri meurent autant l'été que l'hiver ? 

Dr Abdon Goudjo : Oui, autant sinon plus. En hiver, il y a le plan grand froid, un plan très structuré qui permet de mettre à l'abri la plupart des personnes sans-domicile. Alors  qu'en été, il n'y a pas de lieu d'accueil de nuit. Beaucoup de services ferment en raison des vacances. Autre élément qui n'arrange pas la situation : l'alcool, car elle déshydrate. Si, en plus, les personnes exposées à la chaleur ne peuvent pas se mettre à l'abri, cela devient très difficile.

J'ai d'ailleurs relevé ce problème début juin, lors de la réunion avec la Direction générale de la santé, en présence de madame la ministre de la Santé Agnès Buzyn, pour préparer le plan canicule. La mise à l'abri des personnes sans-domicile-fixe est très difficile dans la mesure où il n'y a pas de lieux accessibles pour eux. Ils sont soumis à une barrière invisible. Soit ils n'osent pas rentrer dans un lieu qu'ils jugent trop chic, comme les cinémas et les théâtres ; soit ils ne sont pas autorisés à entrer. C'est le cas dans les grandes surfaces, par exemple.

Que propose le Samu social pour les aider ? 

Nous avons mis en place un dispositif qui permet de les mettre à l'abri si possible, ou du moins de veiller sur eux et de leur apporter régulièrement des moyens de s'hydrater. Nous n'accentuons pas nos maraudes, mais nous sommes plus vigilants. Notamment concernant les médicaments. Je demande à mes équipes de faire attention aux personnes qui prennent des neuroleptiques et diurétiques, lesquels peuvent entraîner des déshydratations. 

Par ailleurs, nous avons ouvert notre Espace solidarité insertion, appellé aussi ESI, porte de Vincennes [ La Maison dans le Jardin , située à l’hospice Saint-Michel (Paris XII). NDLR]. Au lieu de n'être ouvert que l'après-midi, il est accessible de 10 h à 17 h, du lundi au vendredi, pour proposer aux personnes sans-abri un espace pour s'hydrater avec des brumisateurs, des apports d'eau, un jet d'eau dans la cour, sous les arbres,... Ils ont aussi accès à un espace d'hygiène et à une consultation médicales s'ils le souhaitent.

Les villes ont-elles des moyens d'agir ? 

Oui, en mettant en place des lieux où les personnes sans-abri peuvent se réfrigérer, sans avoir à demander la permission. Il n'y aurait alors pas ce problème de barrière invisible. Bordeaux, par exemple, a trouvé la solution. La Ville a installé un miroir d'eau ouvert à tous. 

Et le citoyen lambda, que peut-il faire face à une personne sans-abri qui souffre de la chaleur ?

Il y a deux choses. Si la personne souffre de la chaleur, c'est que le cap de prévention a été passé. Il faut appeler les secours [le 115 pour le Samu Social, le 18 pour les pompiers, le 15 pour le Samu, le 112 pour toutes urgences NDLR]. On met d'abord la personne à l'abri. On lui donne à boire si elle est encore consciente ; sinon, on la met en position latérale de sécurité. Puis, tout de suite, on alerte. Seul le service dédié peut prendre en charge correctement la personne.

En amont, il s'agit d'être vigilant comme avec tout être humain vulnérable. Rien ne coûte de donner une bouteille d'eau à une personne assise sur un trottoir. Et on lui parle. On n'apporte pas son aide sans parler. On est des humains. On demande à la personne si elle a bu, si elle veut boire. Cela va permettre de susciter l'envie de boire. Car il n'est pas naturel de boire quand on n'est pas en phase de déshydration.

Je n'ai pas trop d'inquiétude pour les sans-abri postés près d'une grande surface. Ils finissent toujours par avoir une aide. Ils ont encore un réflexe de survie. Ce n'est pas le cas des personnes isolées, celles qui vivent dans les halls de gare ou encore dans les bois. J'ai plutôt peur pour eux. 

 

Outre le Samu social, d'autres acteurs se mobilisent pour les personnes sans-abri en période de canicule. Le Carillon a répertorié, sur une carte en ligne , les commerçants solidaires parisiens qui donnent de l'eau et abritent au frais. L'association Entourage a publié un article très complet sur les moyens d'aider les sans-abris en cas de grandes chaleurs.. Vous pouvez aussi télécharger l'appli Entourage . Celle-ci vous permet d'être au courant des besoins des personnes à la rue et vous aide à agir à votre niveau. 

Une réaction ? Rejoignez la conversation

Votre dose d’engagement hebdo

Chaque semaine, recevez le meilleur
de One Heart dans votre boite email.

En lisant cet article, je contribue à partager plus pour intégrer plus

Vous aimerez aussi...

Top impact

JE PASSE À L'ACTION

Tous les moyens sont bons pour soutenir Samu Social de Paris !

Je découvre toutes
ses actualités

Je postule à ses
offres d'emploi

+25 points
Close