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- 25 juillet 2017 -

365 jours pour changer le monde avec Julien Vidal

  • En septembre dernier, Julien Vidal s'est fixé comme objectif de réaliser 365 actions pour changer le monde. Afin de vous raconter son expérience et pourquoi pas faire des émules, il a créé le site internet "Ça commence par moi". En attendant de suivre son aventure, découvrez l'interview de ce jeune homme très inspirant. 

    Comment t'es venue l'idée de ce projet ?

    J'ai fait un master en humanitaire. J'ai toujours eu envie d'agir pour les autres et pour la planète. Au début, c'est passé par les voyages : deux ans en Colombie et deux ans et demi au Philippines. Après sept ans à l'étranger, j'ai préféré rentrer en France, retrouver ma famille et mes amis. J'ai alors cherché un moyen de retrouver le sens que j'avais donné à ma vie à l'étranger. Cela doit-il forcément passer par le travail ? En travaillant dans une ONG par exemple ? Pas sûr. J'ai pensé à mon frère éléctricien. Comment fait-il s'il veut changer le monde ? Il installe des panneaux solaires ? Il est possible de trouver du sens dans toutes nos actions du quotidien.  

    J'ai tout remis en question, dans la manière de m'habiller, de manger, de me déplacer...  Mais comment tenir sur la durée, ne pas lâcher au bout de trois mois quand la routine se sera installée ? J'ai décidé de faire un projet un peu fou : réaliser 365 actions, une par jour pendant un an, et les raconter sur un site internet "Ça commence par moi".

    Es-tu le premier à réaliser ce genre de défi ?

    Le défi qui soit, à ma connaissance, le plus similaire, et dont je me suis inspiré, est celui de Colin Beavan. Il en a fait un livre, qui s'appelle No Impact Man.  Il s'est donné un an pour arriver à avoir un impact zéro carbone, ce qui n'est pas vraiment ma finalité. 

    Quel message veux-tu adresser au public en faisant ce défi ?

    Quand j'étais à l'étranger, on me disait souvent : "C'est bien, tu travailles à l'étranger, t'as l'impression de sauver le monde dans les bidonvilles, mais nous en France, on ne peut rien faire, tout est bloqué." J'ai envie de montrer que c'est faux et d'être optimiste. On a tous le pouvoir d'agir, de changer le monde, sans attendre que d'autres le fassent pour nous. Notre société ne va pas tout à fait dans la bonne direction. Il faut se serrer les coudes pour avoir un nouveau mode de vie respectueux des autres habitants de cette Terre, mais aussi de la planète.

    Pami les actions que tu as pu faire, quelles sont les plus impactantes ?

    C'est une bonne question. C'est assez subjectif. Avant chaque action, je me pose trois questions  : Est-ce que ça me rend heureux ? Est-ce que c'est bon pour les autres ? Est-ce que c'est bon pour la planète ?

    Certaines actions combinent tous ces aspects. Exemple : le supermarché coopératif. C'est bon pour moi car il me permet de me réappropier ma consommation et de rencontrer des gens dans mon quartier. Pour les autres, car il valorise essentiellement les producteurs locaux. Et pour la planète parce qu'il propose du bio. En même temps, être végétarien a un impact écolo énorme. Autre chose de très important pour moi : continuer à apprendre de nouvelles choses en permanence, ne pas me contenter de ce que j'ai appris pendant mes études. Avec la folie des moocs, c'est tout à fait possible.

    Quelles ont été les actions les plus difficiles ?

    Aucune n'est vraiment difficile au sens où aucune n'est contraire à mes valeurs. Les actions les plus difficiles sont celles qui nécessitent de déconstruire une habitude pour en acquérir une autre. Par exemple, j'ai mis au moins deux mois pour ne plus oublier mon tote-bag, de même pour les sachets pour prendre mes légumes.  Après, je ne suis pas très chimiste. Du coup, j'ai mis du temps avant de réussir tous les trucs DIY [Do it yourself NDLR]. La lessive commence à ressembler à quelque chose, mais le savon liquide, c'était une catastrophe !

    Les actions les plus ludiques ? 

    Le fait de faire ses propres produits justement. Le savon liquide qui mousse, c'est rigolo. J'aime bien aussi cuisiner les épluchures. Il existe plein de recettes auxquelles on ne pense pas. L'idée m'est venue parce qu'une amie avait fait un gâteau au chocolat à la peau de banane.

    Que comptes-tu faire après les 365 jours de défi ?

    J'ai plein d'idées. Je viens d'intégrer un incubateur de l'Essec, Antropia. Je suis en discussion pour lancer une émission avec Raje pour la radio du groupe SOS. Je sollicite des maisons d'édition pour sortir un bouquin sur les coulisses de mon changement personnel. J'ai commencé à organiser des ateliers : le changement citoyen pour les nuls. J'ai eu l'occasion de le faire à un festival à Bastille, au Sensespace, qui s'appelle Everyday Heroes. J'assure des ateliers aux services civiques. Ils ont ce qu'on appelle les formations civiques et citoyennes. Je vais faire en sorte que "Ça commence par moi" s'intègre directement dans ces formations. Il y a 90.000 services civiques en France donc il y a quelque chose à faire. Ensuite, j'ai quelques contacts pour faire des ateliers dans des entreprises : comment change-t-on le monde dans son entreprise à l'échelle individuelle ?

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