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- 4 janvier 2017 -

Tentez l'expérience du street art en braille avec The Blind !

  • L'artiste nantais The Blind crée des graffitis en braille. Un concept innovant et solidaire qui permet aux personnes aveugles d'accéder à ses oeuvres, grâce au toucher. Nous avons interviewé le graffeur à l'occasion de la Journée mondiale du braille

    One Heart : Pourquoi cette initiative ?

    The Blind : Je suis dans le milieu du graff depuis quinze ans environ. J'ai fait des expos et des ateliers peintures avec mon collectif 100 Pression. Un jour, je me suis dit : pourquoi les aveugles n'auraient-ils pas le droit à de l'art urbain ? Ce n'est pas parce que tu es non-voyant que tu dois être laissé sur le côté. La marginalité, c'est quelque chose qui me plaît. Moi-même, avec ma pratique du graffiti, je me marginalise un peu. Je me suis donc mis à faire du graffiti en braille.

    Ce n'est pas lié à une expérience personnelle ?

    Pas du tout. C'est après, pendant ma carrière, que j'ai fait plein de belles rencontres dans les instituts, avec des éducateurs, des personnes aveugles, etc. Ça m'a donné l'énergie pour continuer et faire évoluer mon travail.

    Vous faites en sorte que vos oeuvres soient accessibles au plus grand nombre...

    Oui, aux personnes handicapées surtout. Je fais ces graffitis pour les personnes non-voyantes ou malvoyantes. C'est aussi une façon de montrer que n'importe qui peut être toucher un jour ou l'autre par la cécité. Mon graff met une personne voyante face au handicap. Elle ne peut pas traduire ce que j'écris. Sauf si elle apprend le braille. Elle peut alors imaginer comment les personnes malvoyantes lisent et écrivent. 

    Où peut-on trouver votre art ?

    Partout dans le monde : à Tchernobyl, en Russie, en Californie aux Etats-Unis, au Tibet, au Sénégal depuis le mois dernier... En Europe, il y en a énormément : à Nantes, Barcelone, Vienne... Et prochainement, en Allemagne. 

    Et peut-on voir vos graffs dans les rues de Paris ?

    Il y en a eu mais je ne sais pas si elles existent encore. Mes graffs sont composés de demi-sphères de plâtre. Une fois qu'elles sont collées sur les murs, c'est, comme je dis souvent, un cadeau de la rue. Du coup, certaines personnes les enlèvent ou les prennent.

    Avez-vous des retours de personnes aveugles ?

    Oui plein. Deux grands-mères, par exemple, se sont amusées à toucher et à rire parce qu'il y avait écrit "Ne pas toucher" en braille. Une autre personne aveugle est venue à un festival auquel je participais, à Montpellier. J'avais graffé en braille "Voulez-vous toucher avec moi ce soir ? Signé : un aveugle en détresse". Ça l'a fait beaucoup rire. J'ai ensuite monté une énorme oeuvre en braille, de deux mètres de haut. Les demi-sphères atteignaient la taille d'un ballon de basket. C'était écrit : "Voir en grand". La personne, qui touchait, bougeait tout son corps, telle une danse chorégraphiée.

    Quels sont vos projets ?

    D'abord faire une expo solo à Paris. C'est en cours de concrétisation. Je vais réaliser des sérigraphies sonores, toujours dans le but de rendre l'art accessible à tous. L'idée, c'est de créer des images en sérigraphies. Quand tu les toucheras, du son s'en dégagera. Je compte aussi continuer à voyager pour coller du braille et faire un livre retrospective, sur mes 10 ans de braille dans le monde. 

    Pour en savoir plus sur The Blind : http://theblind.fr

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