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- 7 décembre 2016 -

Et si nous agissions ensemble pour atteindre l'objectif "zéro pollution" ?

  • Le pic de pollution bat des records. Mais ne nous résignons pas ! Yannick Roudaut, auteur de l'essai "Zéro pollution", nous montre que des solutions existent pour venir à bout des particules fines. 

    L'automne 2016 restera dans les annales. Mais pas pour les bonnes raisons : Paris et sa région subissent le pic de pollution hivernal le plus intense et le plus long depuis au moins dix ans. A tel point que la Tour Eiffel a presque disparu des photos de nombreux touristes ! La capitale n’est pas la seule à étouffer. Strasbourg, Lyon, Troyes... En province aussi, les cartes sont au rouge. Et malheureusement, l’épisode actuel devrait se prolonger : aucune amélioration des conditions météorologiques n’est prévue avant jeudi au minimum. Ce qui ne fait qu'accroitre les conséquences néfastes pour l'environnement et la santé. 

    Doit-on se résigner ? Voir la pollution comme fatalité ? La réponse est non pour Yannick Roudaut. Dans son livre, "Zéro Pollution", il nous enjoint à ne pas baisser les bras. On peut tous agir à notre échelle pour "abolir la pollution". Entretien.

    One Heart : Quelles sont, selon vous, les principales causes de ces pics de pollution ?

    Yannick Roudaut : La pollution n'est qu'un effet collatéral de notre activité. La pollution est devenue naturelle, tellement naturelle que tout le monde s'y est accoutumé. Et depuis quelques années, on assiste à des pics en particules fines dont les causes sont multiples : cela peut être l'épandange agricole au printemps, les centrales à charbon qui tournent en Allemagne ou un excès de particules rejetées par les voitures, notamment celles qui tournent au diesel. Tout cela, associé à des conditions météorologiques défavorables, crée un cocktail explosif. 

    Mais il ne suffit pas d'identifier les causes à court termes. Il faut résoudre le problème à la base. Et ça nécessite de repenser complètement notre système économique.

    Vous qualifiez la pollution de cancer de la société. Pourquoi ce terme ?

    Depuis la première révolution industrielle, et surtout depuis les années 50, avec l'essor de la chimie, la pollution est devenue une maladie qui détruit. Non seulement la nature, mais aussi l'humanité. Il faut savoir qu'il y a plus de 130 morts par jour en France par la seule pollution atmosphérique. Soit 49.000 morts par an. Il y a aussi les asthmatiques, les insuffisances respiratoires, les cancers dûs à une exposition prolongée aux particules fines, etc. Et ce ne sont que les conséquences à court terme. Si on ne fait rien, je pense que l'humanité va en mourir.

    Pour vous, il est possible d'abolir la pollution...

    Evidemment, ça ne va pas se faire en cinq ans. Abolir la pollution ne peut être qu'un projet qui se déroulera sur plusieurs décennies. Il faut y parvenir avant la fin du siècle. Pouquoi ? Sinon le réchaufemment climatique dépassera largement les 2 à 3 °. C'est la pollution qui est à l'origine du dérèglement climatique.

    Il s'agit d'imaginer un nouveau model économique, une nouvelle façon de vivre ensemble. Où chacune de nos activités, chacun de nos déplacements auraient un impact quasi nul sur l'environnement, c'est-à-dire à 95 % non polluant.

    Concrètement, que préconisez-vous ?

    Il faut aller vers une économie circulaire. Autrement dit, une économie qui ne crée que des produits qui puissent être réutilisés, recyclés. Aujourd'hui, on en est loin. Les industriels n'ont pas obligation de faire des produits faciles à démonter et à recycler. Exemple avec le téléphone mobile. C'est très difficile de le démonter et de trier ses éléments.

    Ensuite, utilisons le biomimétisme, qui consiste à s'inspirer de la nature pour trouver des solutions. Un exemple concret : la photosynthèse. Les végétaux la réalise depuis 450 millions d'années : ils prennent du carbone, du CO2, et ils fabriquent de l'énergie. On a un excès de CO2 dans l'atmosphère, un soleil généreux tous les jours. Une journée de soleil, c'est une année d'énergie pour l'humanité ! Reste plus qu'à faire de la photosynthèse et on pourra produire de l'énergie peu chère.

    Et au quotidien, que peut faire le citoyen lambda ?

    Evidemment, cela passe par l'alimentation : acheter des produits locaux, bio, et en vrac. Et par le transport : privilégier les transports en commun, les vélos, etc.

    Après, il y a un conseil que l'on entend moins : chacun de nous doit modifier son rapport à l'argent. Pourquoi ? Si aujourd'hui on pollue énormément, c'est parce qu'il y a des financements à la pollution. On a circuit financeurs-pollueurs, mais pas de payeurs au bout. Le payeur, c'est le citoyen qui respire un air pollué. Et pour que le monde change rapidement, il faut cesser de financer une économie mortifère. Pour info : l'investissement solidaire concerne seulement 3 % des sommes collectées dans une agence banquaire, en Europe, aujourd'hui.

    Il s'agit donc de redonner de l'utilité à son argent, en investissant dans des petites structures banquaires, en privilégiant l'investissemnt direct dans des projets concrets. Ça peut être par les Cigales, par le crowdfunding à impact positif, les fonds socialement responsables, comme Terre de liens, qui financer des agriculteurs qui se tournent vers le bio. Bref, il y a plein de choses à faire !

    "Zéro Pollution", de Yannick Roudaut, aux éditions La Mer Salée. http://www.lamersalee.com/livre/zero-pollution/

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