• Destinée aux personnes réfugiées et à tous ceux qui interagissent avec elles, l’application mobile Refugeye facilite la communication grâce à l’utilisation de 150 pictogrammes.

    Comment faciliter l’échange entre deux personnes qui ne parlent pas la même langue, qui ont du mal à se comprendre et qui pourtant ont un besoin vital de communiquer ? C’est pour répondre à ce défi que Geoffrey Dorne, talentueux designer, a créé Refugeye, une application mobile sur Google Play.

    Une prise de conscience progressive

    Le projet a longuement germé dans son esprit avant de voir le jour. En janvier 2015, Geoffrey Dorne fait la connaissance de Guillaume Capelle, co-fondateur de Singa, une association qui accompagne les réfugiés, et participe en tant que mentor à un weekend d’innovation - un hackathon - Réfugiés connectés, organisé par MakeSense et Singa à l’Archipel, à Paris. Il y rencontre aussi des représentants d’institutions, notamment des membres du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR).

    Quelques mois plus tard, il suit un MOOC (formation massive ouverte à tous) sur le “Human Centred Design” (le design centré sur l’humain) et choisit de travailler sur les réfugiés. “J’ai réalisé que cette thématique m’était chère et que je voulais mettre mes compétences de designer à son service”, raconte t-il. Il mène plusieurs interviews et comprend l’importance de la communication pour les réfugiés qui arrivent dans un pays dont ils ne maîtrisent pas la langue.

    Commence alors la phase de réflexion et de prototypage. Rapidement, l’idée d’une librairie de pictogrammes s’impose à lui. Avec un développeur, Clément Delmas, il met au point un prototype web de Refugeye. Il réalise vite qu’une application mobile native est incontournable. Il mobilise son réseau, demande à des réfugiés de tester le site, et à des amis du monde entier de traduire les 150 mots qu’il a retenus. Une annonce sur les réseaux sociaux et un petit budget de 3 100 euros plus tard, l’application sur Android était née.

    Chacun peut faire sa part

    Geoffrey Dorne poursuit son travail de colibri. Il continue d’améliorer cette première version et cherche les moyens de financer le développement de l’application sur Iphone. Bibliothèques sans frontières va l’installer sur toutes les tablettes de ses IDEAS box et l’équipage de SOS MEDITERRANEE devrait la tester à bord pour comprendre les besoins des naufragés qu’il sera amené à sauver en Méditerranée, au large des côtes libyennes, dès qu’il aura quitté le port de Lampedusa. Geoffrey Dorne espère aussi que sa technologie, gratuite et entièrement open source, c’est-à-dire en licence libre, sera reprise par d’autres, notamment dans les services d’urgences hospitalières ou pour mieux communiquer avec les personnes sourdes et muettes.

    Faire sa part, pour lui, c’est également transmettre sa vision du design, en formant des jeunes “designers alertes et conscients”. Mais il invite chacun à se mobiliser: “Je suis persuadé que tout le monde, dans son domaine et avec ses moyens, peut faire avancer les choses pourvu que l’envie soit au rendez-vous.”

    Pour aider Refugeye, vous pouvez en parler autour de vous, l’utiliser ou encore contribuer à sa traduction. A la veille de la marche européenne pour les droits des migrants, le 27 février, une application à mettre dans toutes les poches, pour briser les barrières de la langue.

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